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ÉditionN°199Scores du jour
Dylan Cease lève les bras sur le monticule de Fenway Park après son one-hitter avec Toronto, le 25 juillet 2026.
MagazineLong formatLejeudi 6 août 2026

Comment lire un box score au baseball

R, H, E, AB, RBI, IP, W, S, H : apprenez à lire un box score de baseball colonne par colonne, à partir de deux vrais matchs MLB de 2026, avec le tableau complet des abréviations et les règles qui attribuent victoire, save et hold.

PhotoMLBÉditorial — MLBvia MLB.com

PhotoMLBÉditorial — MLBvia MLB.com

Le box score est la feuille de match du baseball : trois blocs de chiffres qui racontent une rencontre entière sans une seule phrase. La ligne de score donne le film du match, les lignes de frappeurs disent qui a produit, les lignes de lanceurs disent qui a dominé. Une fois qu’on sait lire ces trois blocs, on peut « regarder » n’importe quel match en trente secondes, qu’il vienne de MLB.com ou du site de la Fédération française.

Précision de vocabulaire : en France, « box score » évoque d’abord le basket. Au baseball, le mot et la logique restent les mêmes, mais les colonnes changent. Pour tout décoder, on suit un vrai match du 25 juillet 2026 : le one-hitter de Dylan Cease avec Toronto à Fenway Park, que notre récap du lendemain racontait en mots. Un second match, Rangers-Mariners du 10 septembre, servira pour les décisions des lanceurs. Toutes les lignes viennent du box score officiel de la MLB.

La ligne de score : le film du match

Premier bloc, tout en haut : une ligne par équipe, une colonne par manche, puis trois totaux. L’équipe visiteuse est toujours en haut, parce qu’elle frappe en premier.

Équipe123456789RHE
Toronto0050000016150
Boston000000000010

Les trois colonnes de droite sont les totaux, à lire dans cet ordre.

  • R (runs) : les points. Toronto gagne 6-0.
  • H (hits) : les frappes qui permettent au frappeur d’atteindre au moins la 1re base, sans erreur défensive ni choix défensif. 15 pour Toronto, un seul pour Boston sur tout le match : la ligne d’une domination totale.
  • E (errors) : les erreurs défensives inscrites par le scoreur officiel. Zéro partout ce soir-là.

Les colonnes de manches racontent le scénario sans commentaire : une 3ᵉ manche à cinq points a tout décidé, et le point de la 9ᵉ n’a rien changé. Si la case de la 9ᵉ manche de l’équipe locale affiche un « X » ou reste vide, c’est qu’elle menait déjà et n’a pas eu besoin de frapper. Certains sites ajoutent une colonne LOB (left on base), les coureurs abandonnés sur les bases en fin de manche : 7 pour Toronto, 3 pour Boston.

Les lignes de frappeurs : qui a produit

Deuxième bloc : un tableau par équipe, une ligne par frappeur, dans l’ordre de passage au bâton. Voici celui de Toronto en entier, parce que les lignes du bas apprennent autant que celles du haut.

FrappeurPosteABRHRBIBBKAVG
Nathan LukesLF512001.290
Vladimir Guerrero Jr.1B413210.267
Kazuma Okamoto3B511002.226
George SpringerDH512301.229
Daulton VarshoCF412000.247
Ernie Clement2B403100.298
Yohendrick PiñangoLF200001.263
Myles StrawRF200001.213
Andrés GiménezSS412002.227
Brandon ValenzuelaC400001.227
  • AB (at-bats) : les présences officielles au bâton. Tous les passages ne comptent pas : un walk, un frappeur atteint par un lancer, un sacrifice fly ou un amorti-sacrifice n’ajoutent aucun AB. Guerrero affiche 4 AB pour cinq passages, parce qu’il a obtenu un walk.
  • R (runs) : les points marqués par le joueur lui-même, en bouclant le tour des bases.
  • H (hits) : ses hits. Guerrero en a réussi 3 en 4 AB, Clement aussi : on dit qu’ils sont « 3-for-4 ».
  • RBI (runs batted in) : les points que le frappeur fait marquer. Sur un home run, son propre point compte aussi. Les 3 RBI de Springer viennent d’un seul swing, un home run de trois points en 3ᵉ manche.
  • BB (base on balls) : les walks obtenus. K ou SO : les strikeouts subis.
  • AVG : la moyenne au bâton du joueur sur la saison après ce match, pas sur le match. Elle s’écrit sur trois décimales, sans zéro devant le point : .290 se lit « deux cent quatre-vingt-dix ». Beaucoup de sites ajoutent l’OPS sur le même principe.

Deux détails de lecture. Le poste est indiqué en abréviation (LF champ gauche, 1B première base, DH frappeur désigné, C receveur) et un joueur qui change de poste en cours de match les cumule, « LF-RF ». Ensuite, Piñango et Straw n’ont que 2 AB chacun et se suivent au 7ᵉ rang : ils se sont partagé la même place dans l’ordre, l’un remplaçant l’autre. Une ligne courte en bas de tableau signale presque toujours un remplaçant, pas un titulaire discret.

La nuance qui déroute au début : R compte les points qu’un joueur marque, RBI ceux qu’il fait marquer. Clement a produit un point sans en marquer aucun, Varsho a marqué sans en produire.

Les lignes de lanceurs : qui a dominé

Troisième bloc, le plus expressif. Les trois lanceurs du match, dans l’ordre d’entrée en jeu.

LanceurIPHRERBBKHRLancersERA
Dylan Cease (TOR)9.01003120120-802.46
Sonny Gray (BOS)5.0105503175-542.78
Alec Gamboa (BOS)4.051116063-472.08
  • IP (innings pitched) : les manches lancées. 9.0 signifie que Cease a lancé tout le match, un match complet devenu rare. La notation compte par tiers de manche, un tiers par retrait : 6.2 se lit « six manches et deux retraits », soit 6 manches 2/3, jamais six virgule deux. Un lanceur sorti sans avoir obtenu de retrait affiche 0.0.
  • H, R : les hits et les points concédés. Un seul hit en neuf manches, c’est un one-hitter ; zéro hit aurait été un no-hitter.
  • ER (earned runs) : les points mérités. Le scoreur reconstitue la manche comme si les erreurs défensives et les passed balls du receveur n’avaient pas eu lieu : les points qui n’auraient pas été marqués sans ces fautes sont « non mérités » et ne comptent pas contre le lanceur. C’est à partir des ER que se calcule l’ERA, la moyenne de points mérités sur neuf manches, affichée ici pour la saison.
  • BB, K, HR : walks accordés, strikeouts infligés, home runs concédés. 12 K pour 3 BB, un rapport de quatre pour un : la soirée d’un lanceur qui contrôle tout.
  • Lancers : le total et le nombre de strikes, séparés par un tiret. 120 lancers dont 80 strikes pour Cease, ce qui explique qu’on l’ait laissé finir.

W, L, S, H, BS : à qui revient la décision

À côté du nom d’un lanceur, une lettre entre parenthèses indique la décision, suivie de son bilan de la saison. Pour Cease, « (W, 7-5) » : la victoire, sa 7ᵉ contre 5 défaites. Gray prend « (L, 12-2) », la défaite. Les règles tiennent en quelques lignes.

  • W (win) : la victoire va au lanceur qui était sur le monticule quand son équipe a pris définitivement l’avantage. Un partant doit avoir lancé au moins cinq manches pour y prétendre ; sinon, le scoreur la donne au releveur le plus efficace.
  • L (loss) : la défaite va au lanceur qui a laissé marquer le point qui a donné l’avantage définitif à l’adversaire, même si ce point a été marqué après sa sortie.
  • S (save) : le sauvetage récompense le dernier lanceur d’une victoire, s’il n’est pas le vainqueur et s’il a protégé une avance d’au plus trois points pendant au moins une manche, ou s’il est entré avec le point égalisateur sur les bases, au bâton ou dans le cercle d’attente, ou encore s’il a lancé au moins trois manches.
  • H (hold) : le releveur entre dans une situation de save, obtient au moins un retrait et transmet l’avance intacte au suivant, sans finir le match.
  • BS (blown save) : entré dans une situation de save, le releveur laisse revenir l’adversaire à égalité. Il peut ensuite récolter la victoire si son équipe repasse devant, ce qui fait grincer des dents.

Le match Rangers-Mariners du 10 septembre, raconté dans notre récap par match, aligne tous les cas de figure dans un même box score.

LanceurIPHRERBBKDécision
Jacob deGrom (TEX)6.0100012aucune
Jakob Junis (TEX)0.034400L (1-3), BS (2)
Robert Garcia (TEX)1.000002aucune
Robby Ahlstrom (TEX)1.000022aucune
Logan Gilbert (SEA)7.0333211W (12-9)
Gabe Speier (SEA)1.010002H (20)
Andrés Muñoz (SEA)1.000020S (27)

DeGrom a lancé six manches sans concéder un point et repart sans décision : Texas menait 3-0 à sa sortie, mais Junis a encaissé un home run de trois points sans obtenir un seul retrait, d’où ses 0.0 IP, la défaite et le blown save. Gilbert, encore sur le monticule quand Seattle est passé devant en 7ᵉ manche, empoche la victoire. Speier tient la 8ᵉ, c’est un hold, son 20ᵉ de la saison. Muñoz termine la 9ᵉ avec un point d’avance et deux walks : un save quand même, son 27ᵉ, parce que la règle regarde le résultat, pas la manière.

Les notes sous le tableau

Sous les lignes de frappeurs, le box score détaille en petites lignes tout ce que les colonnes ne disent pas. Le format est toujours le même : le type d’action, le nom du joueur, puis entre parenthèses son total de la saison et le contexte. Les notes du match de Fenway Park :

  • 2B (doubles) : « Lukes 2 (11, Gray, S, Gamboa) ; Clement (24, Gray, S) ». Lukes a frappé deux doubles, ses 10ᵉ et 11ᵉ de la saison, un contre Gray et un contre Gamboa.
  • HR (home runs) : « Springer (11, 3rd inning off Gray, S, 2 on, 2 out) ». Son 11ᵉ de l’année, en 3ᵉ manche, contre Sonny Gray, avec deux coureurs sur les bases et deux retraits. Toute l’histoire du match en une parenthèse.
  • 3B (triples), TB (total bases, un simple vaut 1, un double 2, un triple 3, un home run 4), SB (stolen bases, les bases volées : « Clement (4, 2nd base off Gamboa/Wong) », sa 4ᵉ, en 2ᵉ base, aux dépens du lanceur Gamboa et du receveur Wong), CS (caught stealing, pris en tentative de vol).
  • RBI avec le total de saison : « Guerrero Jr. 2 (44) ». 2-out RBI isole les RBI obtenus avec deux retraits, signe de sang-froid.
  • Team RISP : la réussite de l’équipe avec des coureurs en position de marquer, en 2ᵉ ou 3ᵉ base. « 4-for-10 » pour Toronto, « 0-for-3 » pour Boston.
  • GIDP (grounded into double play) : le frappeur a provoqué un double jeu. DP côté défense liste les doubles jeux réussis, avec les joueurs dans l’ordre du relais : « Durbin-Seigler-Contreras » se lit 3ᵉ base vers 2ᵉ base vers 1re base.
  • E (errors) détaille les erreurs, WP (wild pitch) les mauvais lancers du lanceur, PB (passed ball) les balles échappées par le receveur, HBP (hit by pitch) les frappeurs atteints par un lancer.
  • Tout en bas : les arbitres, la météo, le nombre de lancers, l’heure du premier lancer, la durée (« T 2:25 », deux heures vingt-cinq) et l’affluence (« Att 36,902 »).

Toutes les abréviations en un tableau

AbréviationSignificationOù on la trouve
ABPrésences officielles au bâtonFrappeurs
RPoints marquésFrappeurs, ligne de score
HHitsFrappeurs, lanceurs, ligne de score
RBIPoints que le frappeur fait marquerFrappeurs
BBWalks (quatre balles)Frappeurs, lanceurs
K ou SOStrikeoutsFrappeurs, lanceurs
HBPFrappeur atteint par un lancerNotes
SF, SHSacrifice fly, amorti-sacrificeNotes
2B, 3B, HRDouble, triple, home runNotes
TBTotal des basesNotes
SB, CSBase volée, pris en tentative de volNotes
LOBCoureurs laissés sur les basesFrappeurs, ligne de score
AVG, OBP, SLG, OPSMoyennes de saison du frappeurFrappeurs
IPManches lancées, par tiersLanceurs
ERPoints méritésLanceurs
ERAMoyenne de points mérités par neuf manches, saisonLanceurs
W, L, S, H, BSVictoire, défaite, save, hold, blown saveLanceurs
NP-S ou P-SNombre de lancers et de strikesLanceurs, notes
EErreurs défensivesLigne de score, notes
DPDoubles jeuxNotes
WP, PBWild pitch, passed ballNotes

Lire un box score de D1 sur le site de la FFBS

Le baseball français utilise exactement la même grammaire. Les rencontres de Division 1 sont enregistrées dans myWBSC par un scoreur opérateur assigné par le club qui reçoit. Sur le calendrier officiel, un clic sur une rencontre ouvre sa fiche ; lorsqu’elle est renseignée en direct, on y retrouve la ligne de score manche par manche, le box score et le déroulé lancer par lancer.

Les colonnes des frappeurs y sont AB, R, H, RBI, BB, SO, puis les moyennes, celles des lanceurs IP, H, R, ER, BB, SO, avec les mêmes décisions W, L et S. Deux différences pratiques : les libellés sont en anglais quel que soit le championnat, et les statistiques de saison affichées à côté portent sur les 28 matchs de la saison régulière, pas sur 162. Un « 3-for-4 » pèse donc beaucoup plus lourd dans une moyenne de D1 qu’en MLB. Notre récap du lundi reprend chaque week-end les lignes qui comptent.

Les pièges classiques

  • K et SO désignent la même chose, le strikeout : les sites utilisent l’une ou l’autre abréviation.
  • R et RBI ne sont pas interchangeables : marqué contre produit.
  • Les décimales d’IP comptent des retraits, jamais des dixièmes. Additionner 5.2 et 0.2 donne 6.1, pas 5.4.
  • AVG, OPS et ERA en fin de ligne sont les chiffres de la saison après le match, pas ceux du match. Pour la soirée elle-même, on lit « 3-for-4 » ou « 0-for-4 », le nombre de hits sur le nombre d’AB.
  • Un 0-for-4 avec 2 RBI n’est pas contradictoire : deux sacrifice flies produisent deux points sans compter un seul AB ni un seul hit.
  • La ligne des remplaçants : un frappeur avec 1 AB en bas de tableau est entré en cours de match, et un receveur avec 0 AB a pu n’être là que pour la dernière manche.
  • Un save avec deux walks reste un save. La décision ne juge pas la qualité, elle constate le résultat.

Pour aller plus loin

Le box score résume les retraits, les bases et les points. Pour comprendre ce que valent ces chiffres sur une saison, notre guide pour lire les stats du baseball décortique AVG, OPS, ERA, WHIP et les statistiques avancées. Pour la mécanique du jeu derrière chaque colonne, les règles expliquées simplement et notre lexique franco-anglais complètent le tableau. Et pour s’entraîner, lisez-en un chaque matin avec la Minute : en une semaine, vous reconstituerez un match entier à partir de son tableau.

Box scores reproduits d’après les feuilles de match officielles de la MLB et de la FFBS.

Éditionn°132

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