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Édition N°82 Scores du jour
Un lanceur MLB en plein élan, la balle en main, lors d'un lancer.
Magazine Long format Le jeudi 4 juin 2026

Lire une feuille de stats sans lexique

AVG, OPS, ERA, WAR : à quoi servent ces abréviations et comment les lire d'un coup d'œil ? Un guide de référence pour comprendre les stats MLB sans formation préalable.

PhotoMLBÉditorial — MLBvia MLB.com

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Vous ouvrez un récap et vous lisez : « 2 hits, 1 HR, 3 RBI, .287/.361/.512 ». Ou bien : « 6 IP, 2 ER, 7 K, 1 BB, ERA 2.91 ». Si vous ne savez pas quoi en faire, cet article est pour vous.

Le baseball est le sport le plus statistifié au monde. Ce n’est pas un défaut, c’est sa façon de raconter. Chaque chiffre a une signification précise. Voici les essentiels, groupés par catégorie.

Les stats offensives (frappeurs)

AVG (batting average, ou moyenne au bâton) C’est le ratio hits / passages au bâton. Un frappeur qui obtient 3 hits en 10 passages au bâton a un AVG de .300. La notation avec trois décimales sans zéro devant est une convention du baseball : .300 se dit “trois cents”.

Repères : .260-.279 est dans la norme ; .280-.299 est bon ; .300 et plus est excellent. En dessous de .230, ça devient difficile à justifier offensivement.

OBP (on-base percentage, taux de présence sur base) L’AVG ne compte que les hits. L’OBP ajoute les walks (passes sur balles) et les HBP (touchés par un lancer). Un frappeur patient qui obtient beaucoup de walks peut avoir un OBP bien supérieur à son AVG. C’est la stat que les managers regardent en premier pour les leadoffs.

Repères : .330 est correct, .360 est bon, .400 est élite.

SLG (slugging percentage, pourcentage de long frappeur) Là où l’AVG traite tous les hits de la même façon, le SLG pondère par la valeur : un home run (4 bases) compte quatre fois plus qu’un simple (1 base). Ce chiffre mesure la puissance brute.

Repères : .400 est moyen, .500 est bon, .600 est exceptionnel.

OPS (on-base plus slugging) C’est simplement OBP + SLG. Pas une équation complexe : l’addition des deux chiffres précédents. Sa force est sa lisibilité immédiate : en un seul nombre, on additionne la capacité à arriver sur base et la capacité à frapper loin.

Repères : .700 est en dessous de la moyenne ligue ; .800 est solide ; .900 est très bon ; 1.000 et plus, on parle d’un joueur d’élite mondiale. Pour référence, Shohei Ohtani a terminé la saison 2024 à 1.014 d’OPS.

HR (home runs) Le nombre de coups de circuit. Pas d’ambiguïté sur cette stat. Depuis l’ère stéroïdes (1995-2005), on associe souvent 40 HR à une grande saison, 50 HR à une saison historique. Ohtani a frappé 54 HR en 2024.

RBI (runs batted in) Le nombre de points produits directement par ce frappeur. Si trois coureurs reviennent au marbre grâce à ses actions au bâton, il inscrit 3 RBI. C’est la stat de productivité avec coureurs sur base, mais elle dépend beaucoup de la qualité des coéquipiers qui arrivent sur base avant lui.

K (strikeouts subis) Nombre de fois où le frappeur a été retiré sur prises. Un taux de strikeout élevé (au-dessus de 25-28 % des passages) commence à peser sur la productivité même si la puissance compense.

BB (bases on balls, ou walks) Nombre de passes sur balles reçues. Beaucoup de BB indique un frappeur patient et difficile à pitcher, qui force le lanceur à entrer dans la zone ou à l’envoyer sur base.

Les stats de pitching (lanceurs)

ERA (earned run average) C’est le nombre de points encaissés par le lanceur pour 9 manches lancées, en ne comptant que les points “mérités” (pas ceux provoqués par des erreurs défensives). C’est la stat de référence pour évaluer un lanceur partant.

Repères : au-dessus de 4.50, c’est difficile ; 3.50-4.50, dans la moyenne ; 2.50-3.50, très bon ; en dessous de 2.50, élite.

IP (innings pitched) Le nombre de manches lancées. Un lanceur partant qui sort régulièrement à 6+ innings “mange” des innings et préserve le bullpen. On écrit 6.2 pour “6 manches et 2 retraits” (pas 6,67).

K (strikeouts réalisés) Cette fois c’est le lanceur qui enregistre des retraits sur prises. Plus il en fait, moins il dépend de la défense derrière lui : une balle frappée peut trouver un trou, un strikeout ne dépend que du lanceur.

BB (walks accordés) Les passes accordées par le lanceur. Trop de walks signifie que le lanceur ne contrôle pas la zone, met des coureurs sur base gratuitement et fait monter son compteur de lancers vite.

WHIP (walks + hits per inning pitched) (BB + H) / IP. La stat qui résume en un chiffre combien de frappeurs atteignent la base par manche lancée. Un WHIP de 1.00 signifie un seul frappeur sur base par manche en moyenne. C’est le seuil de l’élite. En dessous de 1.20, c’est très bon.

K/9 (strikeouts pour 9 manches) Le taux de strikeouts, ramené à 9 manches pour pouvoir comparer des lanceurs avec des IP différentes. Un K/9 de 9.0 signifie en moyenne un strikeout par manche.

Les stats avancées

WAR (wins above replacement) C’est la stat qui tente de tout résumer en un seul chiffre : combien de victoires supplémentaires ce joueur apporte-t-il à son équipe par rapport à un joueur de remplacement disponible en ligues mineures ?

Un WAR de 0 à 2 est un joueur remplaçant. 2-4 : titulaire solide. 5-7 : All-Star niveau. 8 et plus : candidat MVP. Aaron Judge a terminé à 11.4 de WAR en 2022, saison de 62 HR.

Le WAR est calculé différemment selon Baseball-Reference et FanGraphs (les deux sources principales), ce qui donne parfois des chiffres légèrement différents pour le même joueur. Les deux méthodes sont valables.

BABIP (batting average on balls in play) La moyenne au bâton sur les balles mises en jeu (excluant home runs et strikeouts). Un BABIP très élevé (.380+) suggère souvent de la chance temporaire ; très bas (.270-), souvent une malchance. C’est utile pour prédire si un frappeur va “revenir vers la moyenne” ou si sa performance est réelle.

La notation du boxscore

Dans un récap, la ligne offensive d’un frappeur s’écrit souvent : 2-for-4, 1 HR, 3 RBI, 1 BB, 1 K. Ça signifie : 2 hits en 4 passages au bâton, avec un home run, 3 points produits, un walk et un strikeout.

La ligne de stats de saison s’écrit : .287/.361/.512. Soit AVG/OBP/SLG dans cet ordre, toujours. Ce format sera répété dans tous les articles du site.

Ce qu’une stat ne dit pas

Les stats mesurent le passé. Elles ne prédisent pas parfaitement le futur à court terme. Un frappeur à .340 en mai peut se retrouver à .280 en août. La taille d’échantillon compte énormément en baseball, et c’est justement pour ça que 162 matchs sont nécessaires pour tirer des conclusions fiables.

Édition n°66

#tactique#stats#guide

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