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ÉditionN°138Scores du jour
Un lanceur MLB en plein élan, la balle en main, lors d'un lancer.
MagazineLong formatLejeudi 4 juin 2026

Lire une feuille de stats sans lexique

AVG, OPS, ERA, WAR : à quoi servent ces abréviations et comment les lire d'un coup d'œil ? Un guide de référence pour comprendre les stats MLB sans formation préalable.

PhotoMLBÉditorial — MLBvia MLB.com

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Vous ouvrez un récap et vous lisez : « 2 hits, 1 HR, 3 RBI, .287/.361/.512 ». Ou bien : « 6 IP, 2 ER, 7 K, 1 BB, ERA 2.91 ». Si ces lignes ne vous parlent pas encore, cet article est pour vous.

Peu de sports racontent aussi précisément chaque action par les chiffres. Au baseball, chaque abréviation répond à une question différente. Voici les statistiques essentielles, regroupées par catégorie.

Les stats offensives (frappeurs)

AVG (batting average, ou moyenne au bâton) C’est le nombre de hits divisé par les présences officielles au bâton (AB). Un frappeur qui obtient 3 hits en 10 AB affiche donc un AVG de .300. Un walk ou un sacrifice fly ne compte pas comme un AB. La notation avec trois décimales sans zéro devant est une convention du baseball : .300 se lit « trois cents ».

Repères indicatifs : .260-.279 est dans la norme ; .280-.299 est bon ; .300 et plus est excellent. En dessous de .230, il faut généralement compenser par de la puissance, des walks ou une grande valeur défensive.

OBP (on-base percentage, taux de présence sur base) L’AVG ne compte que les hits. L’OBP mesure la fréquence à laquelle un frappeur atteint une base grâce à un hit, un walk ou un HBP (touché par un lancer). Un sacrifice fly augmente le nombre de passages pris en compte sans ajouter d’arrivée sur base, tandis qu’une erreur défensive est exclue du calcul. Un frappeur patient peut donc avoir un OBP bien supérieur à son AVG, une qualité particulièrement recherchée chez un leadoff.

Repères : .330 est correct, .360 est bon, .400 est élite.

SLG (slugging percentage, ou puissance au bâton) Là où l’AVG traite tous les hits de la même façon, le SLG divise le total de bases gagnées sur les hits par les AB. Un simple vaut une base, un double deux, un triple trois et un home run quatre. Ce chiffre mesure donc la puissance, malgré son nom de « pourcentage ».

Repères : .400 est moyen, .500 est bon, .600 est exceptionnel.

OPS (on-base plus slugging) C’est simplement OBP + SLG. Sa force est sa lisibilité immédiate : en un seul nombre, on réunit la capacité à atteindre une base et celle à frapper avec puissance.

Repères indicatifs : autour de .700, un frappeur est proche de la moyenne MLB ; .800 est solide ; .900 est très bon ; 1.000 et plus appartient à l’élite. Par exemple, Shohei Ohtani a terminé la saison 2024 avec un OPS de 1.036.

HR (home runs) Le nombre de fois où le frappeur boucle le tour des bases sur une seule frappe, le plus souvent en envoyant la balle au-delà de la clôture en territoire valide. Sur une saison, 40 HR marquent déjà une grande performance ; atteindre 50 reste exceptionnel. Ohtani en a frappé 54 en 2024.

RBI (runs batted in) Le nombre de points attribués au frappeur lorsqu’un ou plusieurs coureurs atteignent le marbre grâce à son passage. Son propre point compte aussi sur un home run. C’est une stat de production avec des coureurs sur base, mais elle dépend beaucoup des occasions créées par ses coéquipiers.

K (strikeouts subis) Nombre de strikeouts subis par le frappeur. Pour comparer les joueurs, on utilise souvent le K%, soit la part de leurs passages au marbre terminés par un strikeout. Au-delà de 25 à 28 %, ce défaut commence à peser, sauf si une forte puissance le compense.

BB (bases on balls, ou walks) Nombre de walks obtenus. Un total élevé signale généralement un frappeur patient, difficile à manœuvrer, qui force le lanceur à entrer dans la zone ou à lui céder la première base.

Les stats de pitching (lanceurs)

ERA (earned run average) C’est le nombre de points mérités accordés par le lanceur, ramené à 9 manches : 9 × ER / IP. Les points qui résultent d’une erreur défensive ou d’une passed ball ne sont pas comptés comme mérités. L’ERA reste la stat de référence pour évaluer la prévention des points, même si elle dépend aussi de la défense et du stade.

Repères indicatifs pour un lanceur partant : au-dessus de 4.50, c’est difficile ; 3.50-4.50, dans la moyenne ; 2.50-3.50, très bon ; en dessous de 2.50, élite. Le contexte offensif de la saison fait varier ces seuils.

IP (innings pitched) Le nombre de manches lancées. Un lanceur partant qui atteint régulièrement six manches préserve son bullpen. Chaque retrait vaut un tiers de manche : 6.2 se lit « 6 manches et 2 retraits », pas 6,2 manches.

K (strikeouts réalisés) Cette fois, c’est le lanceur qui enregistre les strikeouts. Plus il en réussit, moins il expose sa défense aux aléas d’une balle mise en jeu.

BB (walks accordés) Les walks accordés par le lanceur. Un total élevé révèle souvent un contrôle insuffisant de la zone, offre des bases sans contact et fait rapidement monter le nombre de lancers.

WHIP (walks + hits per inning pitched) (BB + H) / IP. Cette stat indique combien de hits et de walks un lanceur accorde par manche. Elle ne compte donc ni les HBP ni les arrivées sur base causées par une erreur. Un WHIP de 1.00 signifie une moyenne d’un hit ou d’un walk par manche : c’est le seuil de l’élite. En dessous de 1.20, c’est très bon.

K/9 (strikeouts pour 9 manches) Le nombre de strikeouts ramené à 9 manches pour comparer des lanceurs avec des volumes différents. Un K/9 de 9.0 signifie une moyenne d’un strikeout par manche.

Les stats avancées

WAR (wins above replacement) C’est la stat qui tente de résumer la valeur totale d’un joueur : combien de victoires supplémentaires apporte-t-il par rapport à un joueur de remplacement, c’est-à-dire un joueur de ligue mineure ou un remplaçant facilement disponible ?

Repères sur une saison complète : autour de 0, niveau remplacement ; 2, titulaire moyen ; 5, niveau All-Star ; 8 et plus, candidat MVP. Lors de sa saison à 62 HR en 2022, Aaron Judge a atteint 10.8 de WAR selon Baseball-Reference et 11.1 selon FanGraphs.

Baseball-Reference (bWAR) et FanGraphs (fWAR) n’utilisent pas exactement la même formule. Leurs résultats peuvent donc différer et doivent toujours être accompagnés de leur source.

BABIP (batting average on balls in play) La moyenne au bâton sur les balles mises en jeu, hors home runs et strikeouts. La moyenne MLB tourne généralement autour de .300. Un écart important peut signaler une réussite ou une malchance temporaire, mais il faut le comparer au niveau habituel du joueur : sa vitesse, la qualité de ses contacts et son profil de frappe influencent aussi son BABIP.

La notation du box score

Dans un récap, la ligne offensive d’un frappeur s’écrit souvent : 2-for-4, 1 HR, 3 RBI, 1 BB, 1 K. Cela signifie : 2 hits en 4 AB, dont un home run, 3 RBI, un walk et un strikeout. Le walk ne compte pas dans les AB : ce joueur est donc passé cinq fois au marbre.

La ligne de stats de saison s’écrit : .287/.361/.512. Soit AVG/OBP/SLG dans cet ordre, toujours. Ce format sera répété dans tous les articles du site.

Et pour la feuille de match complète (la ligne de score manche par manche, les tableaux des frappeurs et des lanceurs), notre guide comment lire un box score décode chaque colonne sur un vrai match MLB.

Ce qu’une stat ne dit pas

Les stats mesurent d’abord le passé. Elles ne prédisent pas parfaitement le futur à court terme. Un frappeur à .340 en mai peut se retrouver à .280 en août. Plus l’échantillon grandit, plus les conclusions deviennent solides : les 162 matchs de la saison régulière laissent aux séries de réussite et aux passages à vide le temps de s’équilibrer.

Éditionn°71

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