Le baseball se parle en deux français. Au Québec, où les Expos de Montréal ont joué en MLB de 1969 à 2004, commentateurs et journalistes ont traduit presque chaque terme du jeu : coup de circuit, retrait sur prises, but sur balles, arrêt-court. En France, où le baseball s’est diffusé par les chaînes américaines et les jeux vidéo, on a gardé l’anglais pour l’essentiel et francisé le reste au fil de l’usage des clubs.
Ce lexique est celui de La Minute Baseball. Il donne, thème par thème, le terme anglais que vous entendrez dans un stade ou sur MLB.TV, le mot employé sur ce site et dans les clubs français, et le calque québécois à reconnaître quand vous le croiserez. Il s’adresse autant au lecteur qui découvre le jeu qu’à celui qui arrive du hockey ou du football et cherche ses repères.
La règle du site en une phrase
Si le terme anglais est déjà compris par un lecteur de sport français, on le garde. Personne ne dit « buteur de coup de pied de réparation » à la place de « tireur de penalty » : on ne dira pas davantage « coup de circuit » à la place de home run, que l’on lit partout dans la presse sportive internationale. À l’inverse, quand un mot français existe et circule dans les clubs de la Fédération française de baseball et softball (FFBS), on l’emploie : manche, marbre, monticule, receveur, double jeu, roulant.
Le résultat est un vocabulaire mixte, assumé, et surtout stable d’un article à l’autre : nos récaps quotidiens de MLB et hebdomadaires de D1 française utilisent exactement les mots des tableaux qui suivent. Le vocabulaire québécois n’est pas fautif, il est cohérent et ancien. Il n’a simplement jamais circulé en France, et un lecteur qui n’a jamais vu un match n’a aucune référence pour « but sur balles » alors qu’il devine « walk ».
Le terrain et les postes
| En anglais | Ici | Au Québec | Repère |
|---|---|---|---|
| home plate | le marbre | le marbre | Là où l’on frappe et où l’on marque. Commun aux deux traditions |
| mound | le monticule | le monticule | La butte d’où lance le lanceur, 18,44 m du marbre |
| infield, outfield | le champ intérieur, le champ extérieur | l’avant-champ, le champ extérieur | Le losange des bases, puis l’herbe jusqu’à la clôture |
| dugout | le dugout, l’abri | l’abri des joueurs | Le banc couvert de chaque équipe ; « dugout » se dit tel quel dans les clubs |
| bullpen | le bullpen | l’enclos des releveurs | La zone d’échauffement et, par extension, les lanceurs de relève |
| pitcher | le lanceur, le pitcher | le lanceur | Le poste qui décide de tout ; les deux mots circulent en France |
| catcher | le receveur, le catcher | le receveur | Accroupi derrière le marbre, il appelle les lancers ; les deux mots circulent en France |
| first, second, third baseman | le joueur de 1re, 2ᵉ, 3ᵉ base | le joueur de premier, deuxième, troisième but | Le Québec dit « but » là où la France dit « base » |
| shortstop | le shortstop | l’arrêt-court | Entre la 2ᵉ et la 3ᵉ base, le poste défensif le plus exigeant |
| left, center, right fielder | le champ gauche, le champ centre, le champ droit | le voltigeur de gauche, de centre, de droite | « Voltigeur » se lit aussi chez nous, pour le joueur ; « champ centre » désigne le poste |
| designated hitter (DH) | le frappeur désigné, le DH | le frappeur désigné | Il frappe à la place du lanceur, dans les deux ligues depuis 2022 |
| utility player | l’utility | le joueur d’utilité | Le polyvalent qui couvre plusieurs postes |
| manager | le manager | le gérant | L’entraîneur principal, en uniforme comme ses joueurs |
Sur les postes, notre anatomie d’un lineup explique qui frappe où et pourquoi. Les numéros de position des feuilles de score (1 lanceur, 2 receveur, 6 shortstop, 8 champ centre) sont les mêmes dans toutes les langues.
Le duel lanceur-frappeur
| En anglais | Ici | Au Québec | Repère |
|---|---|---|---|
| strike | un strike, une prise | une prise | Un lancer dans la zone, un swing manqué ou une fausse balle avec moins de deux strikes |
| ball | une balle | une balle | Un lancer hors zone que le frappeur laisse passer |
| count, full count | le compte, le compte plein | le compte, le compte complet | Balles puis strikes : « 3-2 » est un compte plein |
| strikeout (K) | un strikeout, un K | un retrait sur prises, un retrait au bâton | Trois strikes, le frappeur est retiré |
| walk (BB) | un walk, un BB | un but sur balles | Quatre balles, le frappeur va en 1re base ; « BB » s’entend aussi en match |
| hit by pitch (HBP) | atteint par un lancer, un HP | atteint par un lancer | Même résultat qu’un walk ; « HP » se dit sur les terrains français |
| foul ball | une foul ball, une fausse balle | une fausse balle | Hors des lignes ; en France, on entend surtout « foul ball » |
| strike zone | la zone de strike | la zone des prises | Au-dessus du marbre, entre les genoux et la poitrine |
| fastball, slider, curveball, changeup | fastball, slider, curveball, changeup | balle rapide, glissante, courbe, changement de vitesse | On garde les noms anglais, « balle rapide » et « courbe » passent aussi |
| pitch clock | la pitch clock | le chronomètre des lancers | Le décompte entre deux lancers, depuis 2023 |
| wild pitch, passed ball | un mauvais lancer, une balle passée | un mauvais lancer, une balle passée | Faute du lanceur dans le premier cas, du receveur dans le second |
| balk | un balk | une feinte irrégulière | Un mouvement illégal du lanceur, les coureurs avancent d’une base |
Le duel se lit sur le compte affiché au tableau, B-S-O pour balles, strikes et retraits. Notre article sur les règles du baseball reprend cette mécanique en dix minutes.
L’attaque
| En anglais | Ici | Au Québec | Repère |
|---|---|---|---|
| hit | un hit, un coup sûr | un coup sûr | Une balle frappée qui permet d’atteindre une base sans erreur adverse ; les deux se disent en France |
| single, double, triple | un simple, un double, un triple | un simple, un double, un triple | Selon la base atteinte |
| home run (HR) | un home run | un coup de circuit, un circuit | Le terme le plus lu sur ce site, et de loin |
| grand slam | un grand slam, un grand chelem | un grand chelem | Home run avec les bases pleines, quatre points ; « grand slam » est le plus courant en France |
| run | un point, un run | un point | Un coureur qui touche le marbre |
| RBI | un RBI | un point produit | Le point que votre action fait marquer |
| runner | un coureur | un coureur | Sur les bases, ou « sur les buts » au Québec |
| stolen base | une base volée | un but volé | Le coureur avance pendant le lancer |
| bunt, sacrifice bunt | un bunt, un amorti | un amorti, un amorti sacrifice | Balle retenue devant le marbre ; « bunt » est le plus courant en France |
| sacrifice fly | un sacrifice fly | un ballon-sacrifice | Une fly captée qui fait marquer un coureur depuis la 3ᵉ base |
| lineup, batting order | le lineup, l’ordre des frappeurs | l’alignement, l’ordre des frappeurs | Les neuf frappeurs dans l’ordre |
| pinch hitter | un frappeur remplaçant | un frappeur suppléant | Il remplace ponctuellement un frappeur et peut ensuite rester dans le match |
| walk-off | un walk-off | une victoire en fin de match, un « walk-off » | L’action qui donne la victoire à l’équipe locale dans sa dernière demi-manche |
« Batte » et « bâton » cohabitent en France ; nos textes écrivent « batte » et parlent d’un « passage à la batte » là où le Québec dit « présence au bâton ». Le walk-off, lui, n’a pas de traduction satisfaisante : l’équipe qui reçoit gagne sur le dernier jeu et sort du terrain sans avoir à défendre, d’où le nom.
La défense
| En anglais | Ici | Au Québec | Repère |
|---|---|---|---|
| out | un retrait, un out | un retrait | Trois par demi-manche |
| ground ball | un roulant | un roulant | Balle frappée au sol |
| fly ball | une fly | un ballon | Balle frappée en hauteur vers le champ extérieur ; captée, c’est un retrait, sinon souvent un hit |
| pop-up | une pop | une chandelle | Balle frappée presque à la verticale, le plus souvent au-dessus du champ intérieur, presque toujours captée |
| line drive | une line drive | une flèche | Balle frappée tendue ; le terme anglais est le seul en usage en France |
| double play | un double jeu | un double jeu | Deux retraits sur la même action |
| force out, tag | un retrait forcé, un tag | un retrait forcé, un toucher | Selon que le coureur est obligé d’avancer ou non ; en France, on dit « un tag » |
| error (E) | une erreur | une erreur | Faute défensive qui prolonge l’action |
| shutout | un shutout | un blanchissage | L’adversaire n’a pas marqué : « musèle les Mets 3-0 », jamais « blanchit » |
| no-hitter, perfect game | un no-hitter, un match parfait | un match sans point ni coup sûr, un match parfait | Aucun hit concédé ; parfait si aucun coureur n’a atteint une base |
| starting pitcher, reliever, closer | le lanceur partant, le releveur, le closer | le partant, le releveur, le stoppeur | La rotation, puis le bullpen, puis celui qui ferme |
| save (SV), hold | un save, un hold | un sauvetage, une retenue | Le releveur qui protège une avance courte |
| ace | l’as | l’as | Le meilleur partant de la rotation |
La défense mélange les deux langues comme nulle part ailleurs : roulant et double jeu se disent en français dans tous les clubs de D1, mais la balle haute reste « une fly » ou « une pop », la balle tendue « une line drive » et le coureur touché « taggé ». Ce sont des mots de terrain avant d’être des mots de télévision, et le terrain français les a adoptés tels quels.
Les statistiques et le box score
Les statistiques ne se traduisent pas. Les abréviations sont les mêmes sur MLB.com, Baseball-Reference, FanGraphs, Baseball Savant et le suivi en direct de la FFBS, et une version française ajouterait une couche d’apprentissage sans rien clarifier.
| Abréviation | En anglais | Ce que ça mesure |
|---|---|---|
| AVG | batting average | La moyenne au bâton : hits divisés par passages officiels, sur trois décimales (.300) |
| OBP | on-base percentage | La fréquence à laquelle le frappeur atteint une base, walks compris |
| SLG | slugging percentage | La puissance : le total des bases par passage officiel |
| OPS | on-base plus slugging | OBP + SLG, le raccourci le plus lu pour juger un frappeur (.800 est bon) |
| HR, RBI, SB | home runs, runs batted in, stolen bases | Home runs, points produits, bases volées |
| K, BB | strikeouts, walks | Comptés pour les frappeurs comme pour les lanceurs |
| ERA | earned run average | Les points mérités concédés par neuf manches, sur deux décimales (3.45) |
| WHIP | walks plus hits per inning pitched | Les coureurs autorisés par manche lancée |
| IP | innings pitched | Les manches lancées : « 5.1 IP » se lit 5 manches 1/3, le chiffre après le point compte des retraits, pas des dixièmes |
| WAR | wins above replacement | La valeur globale d’un joueur en victoires, par rapport à un joueur de remplacement disponible en ligues mineures ou sur le marché |
Deux conventions d’écriture à retenir. En prose, les manches lancées s’écrivent en toutes lettres, « 6 manches 2/3 », et la notation IP reste réservée aux lignes de stats. La moyenne au bâton s’écrit .312, l’ERA 3.45, l’OPS .872, avec le point anglo-saxon, parce que ce sont des étiquettes universelles plus que des nombres. Pour aller plus loin, lire les stats du baseball détaille chaque colonne et lire un box score montre comment les retrouver après un match.
Les moments du match et de la saison
| En anglais | Ici | Au Québec | Repère |
|---|---|---|---|
| inning, top, bottom | la manche, le haut, le bas | la manche, le début, la fin | Les visiteurs frappent en haut, les locaux en bas |
| extra innings | les manches supplémentaires, la prolongation | la prolongation, les manches supplémentaires | Tant qu’il y a égalité après neuf manches |
| seventh-inning stretch | le seventh-inning stretch | la pause de la 7ᵉ manche | Tout le stade se lève et chante |
| series, sweep | une série, un sweep ou un balayage | une série, un balayage | Deux à quatre matchs de suite contre le même adversaire |
| doubleheader | un doubleheader, un programme double | un programme double | Deux matchs le même jour ; en D1, la journée du week-end |
| spring training | le spring training | le camp d’entraînement | Février-mars, en Floride et en Arizona |
| Opening Day | l’Opening Day | le match d’ouverture | Fin mars |
| trade deadline | la trade deadline | la date limite des échanges | Fin juillet, la dernière fenêtre de transferts |
| wild card, playoffs | la wild card, les playoffs | une équipe repêchée, les séries éliminatoires | Douze qualifiés en octobre ; « play-offs » avec trait d’union pour la D1 |
| World Series | les World Series | la Série mondiale | La finale, au meilleur des sept matchs |
| roster, injured list (IL) | le roster, l’effectif, la liste des blessés | la formation, la liste des blessés | 26 joueurs actifs en saison régulière ; « roster » se dit aussi en France |
| farm system, minor leagues | les ligues mineures, le farm system | les ligues mineures, les clubs-écoles | La filière de formation de chaque franchise |
Le calendrier complet est dans la saison MLB expliquée, le mois d’octobre dans comment fonctionnent les playoffs et la fin juillet dans la trade deadline.
Les faux amis
- Balle : dans « trois balles, deux strikes », la balle est un lancer hors zone que le frappeur n’a pas tenté, pas l’objet. Le contexte tranche toujours.
- But : au Québec, on court « sur les buts ». En France, on dit base, et « but » ne s’emploie pas.
- Prise : c’est le strike, rien à voir avec une prise de judo. Nos récaps écrivent « strike » dans les décomptes et « prise » quand la phrase l’appelle.
- Double, triple : le double est un hit qui vaut deux bases, pas un « doublé » de buteur. Un triple n’est pas un « triplé ».
- Erreur : une faute défensive officiellement attribuée par le scoreur, pas une simple mauvaise décision.
- Sauvetage : le save québécois. En France, le mot évoque un gardien, on garde « save ».
- As : le meilleur lanceur partant d’une rotation, pas un service gagnant.
- Série : deux à quatre matchs de suite contre le même adversaire, ou une série de playoffs, jamais une compétition entière.
- Walk : personne ne marche. Le frappeur gagne la 1re base après quatre balles, et le mot n’a pas d’équivalent court en français de France.
Pour aller plus loin
Une fois le vocabulaire en place, le chemin de lecture idéal : les règles du baseball pour la mécanique du jeu, lire un box score pour décoder une feuille de match, assister à un match pour mettre ces mots en situation dans un stade, et le baseball en France pour entendre le lexique des clubs de D1. Si un terme manque ici, la barre de recherche en haut de page indexe tout le site.
Définitions d’après le glossaire officiel de la MLB, terminologie québécoise d’après la Vitrine linguistique de l’Office québécois de la langue française, usage français d’après les clubs de la FFBS et nos propres articles.
Éditionn°78