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ÉditionN°199Scores du jour
Les Rouen Huskies en action pendant le Challenge de France 2026 de baseball.
MagazineLong formatLevendredi 28 août 2026

Le baseball en France : clubs, championnats, comment s'y mettre

188 clubs, plus de 13 000 licenciés, une D1 à huit équipes et des records d'adhésion chaque année : panorama du baseball français, du terrain de quartier au haut niveau, avec des conseils concrets pour s'y mettre.

PhotoRouen Huskiesvia Facebook

PhotoRouen Huskiesvia Facebook

Oui, on joue au baseball en France, et depuis bien plus longtemps qu’on ne l’imagine : le premier match documenté sur le sol français remonte à la fin du XIXᵉ siècle, et sa fédération, fondée en 1924, est désormais centenaire. Le paysage reste modeste, mais il est vivant et continue de grandir : la Fédération française de baseball et softball (FFBS) bat son record de licenciés pour la quatrième année consécutive.

Cet article en dresse le panorama : ses origines, ses clubs, ses championnats et, surtout, la manière de s’y mettre, comme spectateur ou comme joueur.

D’où vient le baseball français ?

De plus loin qu’on ne l’imagine. Le premier match joué sur le sol français date du 8 mars 1889, au parc aérostatique de Paris, devant 1 500 spectateurs : une escale de la tournée mondiale d’Albert Spalding, venu faire la démonstration de son sport. Mais c’est la Première Guerre mondiale qui l’implante vraiment : des soldats canadiens sont parmi les premiers à y jouer sur le front et initient leurs camarades français, puis les soldats américains multiplient les rencontres. Le 4 juillet 1918, près de 20 000 spectateurs assistent à Rouen à un match entre soldats américains. Retenez le nom de la ville, on va la recroiser. L’armée française y prend goût au point d’envisager un temps d’en faire une discipline de formation militaire, avant d’abandonner l’idée dans les années 1930.

Entre-temps, la fédération voit le jour en octobre 1924, sous l’impulsion de Frantz Reichel, avec deux monuments du baseball américain, John McGraw et Charles Comiskey, comme vice-présidents d’honneur. Le premier championnat de France se joue dès 1926 : l’AS Transport bat le Ranelagh BBC en finale, à Colombes.

Combien de clubs et de licenciés ?

Les chiffres officiels de la FFBS sont les suivants : 13 179 licenciés au 31 décembre 2025 et 188 clubs affiliés, répartis sur tout le territoire. C’est modeste face au football et à ses deux millions de licenciés, mais la dynamique est réelle : quatre records d’adhérents consécutifs, portés par le baseball, le softball (un sport cousin, bien implanté) et le Baseball5, la version urbaine à cinq joueurs qui sert notamment de porte d’entrée dans les écoles.

Traduction concrète : où que vous soyez en France métropolitaine, il y a probablement un club à moins d’une heure.

Les championnats : de la D1 aux régions

Le sommet de la pyramide s’appelle la Division 1 : huit clubs, un championnat de printemps-été, des programmes doubles le week-end et une phase finale pour le titre de champion de France.

Les noms de la D1 2026 donnent le ton de cette géographie du baseball français : les Barracudas de Montpellier, les Lions de Savigny-sur-Orge, les Boucaniers de La Rochelle, les Huskies de Rouen, les Templiers de Sénart, les Tigers du Stade Toulousain, les Pirates de Béziers et le Paris Université Club. Ce site couvre leur championnat chaque semaine, avec les résultats et le classement. L’ogre de ce championnat s’appelle Rouen : 19 titres de champion de France, le dernier en 2025. Souvenez-vous du match de 1918.

La D1 a aussi sa coupe : le Challenge de France, créé en 2002, réunit les huit clubs chaque printemps dans un tournoi au format court et offre à son vainqueur une place en Coupe d’Europe. Rouen l’a remporté pour la 11ᵉ fois en 2026, au bout d’une finale décidée en dernière manche.

En dessous, la pyramide est bien réelle : une Division 2 à dix clubs en poule unique, de Metz à Nice en passant par Clermont-Ferrand ; une Division 3 en quatre poules géographiques, où les équipes réserves des grands clubs côtoient celles de Dunkerque, Perpignan, Rennes ou Marseille, mais aussi de La Guerche-de-Bretagne ou de Fénay, parce que le baseball français vit aussi dans les petites communes. Les championnats régionaux prennent ensuite le relais, jusqu’aux équipes de loisir, où l’on débute à tout âge.

Comment s’y mettre, côté joueur

Le chemin le plus court : l’annuaire officiel des clubs sur ffbs.fr, qui permet de situer les 188 clubs. La plupart accueillent les adultes comme les enfants débutants et prêtent du matériel pour les premières séances (gant, batte, casque). Beaucoup proposent aussi une section de softball, souvent plus accessible pour commencer. Aucune expérience sportive préalable n’est nécessaire : le baseball est un sport de gestes techniques qui s’apprennent, pas un sport de gabarit.

Pour les enfants, tout est structuré : la fédération organise la pratique en catégories 6U, 9U, 12U, 15U et 18U (comprendre : 6 ans et moins, 9 ans et moins, et ainsi de suite), et la rentrée de septembre est le moment naturel pour pousser la porte d’un club. Côté budget, la part fédérale d’une licence de compétition reste modeste : 15 € en 6U, 30 € du 9U au 15U et 65 € pour les catégories 18U et 19 ans et plus durant la saison 2025. S’y ajoute la cotisation du club, variable d’une ville à l’autre.

Quant au Baseball5, c’est l’entrée en matière la plus douce : cinq contre cinq, cinq manches, sans batte ni gant, avec une simple balle en caoutchouc frappée à la main. Il tient dans un gymnase ou une cour d’école : c’est précisément pour cela qu’il s’y développe.

Avant la première séance, les règles expliquées simplement et notre lexique suffisent largement pour prendre ses repères.

Et côté spectateur ?

Les matchs de D1 se jouent le week-end, d’avril à septembre, dans une ambiance de club conviviale : entrée souvent libre ou à un tarif modique, buvette et proximité du terrain qu’aucun stade de MLB n’offrira jamais. Un temps fort à guetter : le Challenge de France, qui concentre les huit clubs de D1 sur quatre jours de coupe au printemps. Le calendrier et les résultats sont disponibles sur le site de la FFBS et dans notre couverture hebdomadaire.

Le haut niveau tricolore

La France s’est aussi fait une place sur la scène internationale, notamment chez les femmes : l’équipe de France féminine de baseball est double championne d’Europe, après ses titres de 2019 et 2022. Son visage le plus connu s’appelle Mélissa Mayeux : formée à Montigny-le-Bretonneux (dont les Cougars jouent aujourd’hui en Division 2), elle est devenue à 16 ans la première femme inscrite sur la liste internationale des joueurs admissibles au recrutement par la MLB, avant d’être sélectionnée fin 2025 lors de la draft de la toute nouvelle ligue professionnelle féminine américaine, la Women’s Pro Baseball League.

Côté masculin, les Bleus disputent régulièrement le championnat d’Europe face aux places fortes du continent (Pays-Bas, Italie), et la filière vers le haut niveau est organisée : le Pôle France Baseball, installé au CREPS de Toulouse depuis 2006, regroupe les meilleurs joueurs de la catégorie 18U du pays.

Et le rêve américain n’est pas une abstraction : Joris Bert, formé à Rouen, a rejoint l’organisation des Dodgers de Los Angeles en 2007, l’année où Frédéric Hanvi a signé chez les Twins du Minnesota. En 2023, le lanceur Mathias Lacombe, passé par le Stade Toulousain (oui, le club dont les Tigers jouent en D1), est devenu le deuxième Français sélectionné à la draft MLB, choisi par les White Sox de Chicago. En 2026, le lanceur montpelliérain Mathis Nayral, formé aux Barracudas et au Pôle France de Toulouse avant de rejoindre le baseball universitaire américain, est devenu le troisième joueur formé en France sélectionné à la draft MLB : les Blue Jays de Toronto l’ont choisi au 13ᵉ tour.

Le baseball français reste un sport de passionnés qui se construit terrain par terrain. C’est précisément ce qui le rend attachant : on n’y est jamais un spectateur anonyme.

Éditionn°154

#comprendre#france

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