Neuf joueurs défendent sur un terrain de baseball, et chacun occupe un poste précis, avec un nom, une abréviation et un numéro de 1 à 9. Ces chiffres servent à noter les actions sur la feuille de match et n’ont rien à voir avec les numéros des maillots. Quand un commentateur annonce un « double jeu 6-4-3 », il décrit ainsi deux adversaires éliminés sur la même action, grâce à un enchaînement entre trois défenseurs.
Pour comprendre ces enchaînements, il faut d’abord repérer qui joue où : ce guide passe les neuf postes en revue, explique leurs responsabilités et les gestes qu’ils demandent. Il présente aussi le frappeur désigné, qui prend la place du lanceur dans l’ordre de passage au bâton, avant de donner quelques repères pour lire une feuille de match.
Les 9 postes et leur numéro

Placement indicatif des neuf défenseurs, vu depuis l’arrière du marbre. Les positions varient selon la situation de jeu. Illustration : La Minute Baseball. Agrandir l’illustration.
| N° | Poste | En anglais | Abréviation | Où il se place |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Lanceur | Pitcher | P | Sur le monticule, au centre du champ intérieur |
| 2 | Receveur | Catcher | C | Accroupi derrière le marbre |
| 3 | Première base | First baseman | 1B | À côté de la première base, côté ligne |
| 4 | Deuxième base | Second baseman | 2B | Entre la première et la deuxième base |
| 5 | Troisième base | Third baseman | 3B | À côté de la troisième base, côté ligne |
| 6 | Shortstop | Shortstop | SS | Entre la deuxième et la troisième base |
| 7 | Champ gauche | Left fielder | LF | Dans l’herbe, derrière la troisième base |
| 8 | Champ centre | Center fielder | CF | Dans l’herbe, dans l’axe du marbre |
| 9 | Champ droit | Right fielder | RF | Dans l’herbe, derrière la première base |
Les trois joueurs de base et le shortstop forment le groupe des défenseurs du champ intérieur, ou infield, tandis que les postes 7 à 9 occupent le champ extérieur, ou outfield, qui s’étend jusqu’à la clôture. Le duo lanceur-receveur porte un nom à part, la batterie, et travaille au milieu de ce dispositif. Pour lire le terrain depuis les tribunes, retenez que la gauche et la droite se comptent depuis le marbre, face au terrain : le champ droit se trouve donc derrière la première base.
Le terrain, pour se repérer
Les quatre bases dessinent un carré posé sur la pointe, le fameux diamant : on part du marbre, près duquel se tient le frappeur, puis on rejoint la première, la deuxième et la troisième base dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. En MLB, le règlement fixe les côtés de ce carré à 90 pieds, soit 27,43 m, et place la plaque du lanceur à 18,44 m du marbre. Le monticule se trouve à l’intérieur du diamant, entre le marbre et la deuxième base.
Deux lignes partent du marbre en passant par la première et la troisième base pour délimiter le territoire des bonnes balles, et les lignes elles-mêmes en font partie. Une balle qui les franchit n’est pas nécessairement une fausse balle, ou foul : si elle retombe d’abord dans le champ extérieur entre les lignes, elle reste valide même si elle roule ensuite au-delà. La clôture marque le fond du terrain, à une distance qui varie selon les stades et modifie l’espace à couvrir par les défenseurs.
Le lanceur (1)
Depuis le monticule, le lanceur envoie la balle vers le receveur et cherche à empêcher le frappeur de la toucher, ou à lui faire produire une balle que la défense pourra jouer. Il varie pour cela la vitesse, la trajectoire et le placement de ses lancers, en choisissant leur enchaînement avec son receveur. Dans ce duel avec le frappeur, chaque lancer prépare aussi le suivant : une balle rapide peut, par exemple, précéder une balle plus lente pour perturber son timing.
Le partant ouvre le match et cherche à tenir plusieurs manches, tandis que les releveurs interviennent ensuite pour des passages généralement plus courts. En MLB, les partants se succèdent dans une rotation souvent composée de cinq lanceurs, ce qui leur laisse plusieurs jours de récupération entre deux départs. Les releveurs se préparent dans le bullpen, la zone d’échauffement située à l’écart du jeu, avant d’être appelés sur le monticule.
Une fois la balle frappée, le lanceur participe aussi à la défense : lorsque le joueur de première base quitte son coussin pour ramasser une balle, il peut venir le couvrir et recevoir le relais. Il intervient également sur les bunts, ces balles amorties devant le marbre, ou se place derrière une base pour récupérer un relais qui aurait échappé à un coéquipier.
Le receveur (2)
Accroupi derrière le marbre et protégé par un masque, un plastron et des jambières, le receveur doit capter les lancers que le frappeur laisse passer ou manque. Il échange avec le lanceur pour choisir la balle suivante, par signes ou grâce au PitchCom, un dispositif électronique qui transmet les consignes par audio. Quand un lancer rebondit devant lui, il utilise aussi son corps pour le bloquer et empêcher les coureurs d’avancer.
Sa manière de recevoir la balle compte également : le framing consiste à présenter les lancers proches de la limite de la zone pour favoriser une décision de strike de l’arbitre. Lorsqu’un coureur tente de voler une base, il doit passer rapidement de la réception au relais, en se relevant et en lançant avec précision vers le défenseur qui couvre le coussin. Le temps passé accroupi, les blocages et ces relais répétés imposent un effort physique qui s’ajoute à la préparation de chaque lancer.
La première base (3)
Le joueur de première base se tient à quelques mètres derrière son coussin, légèrement décalé vers la deuxième base. Sur la plupart des balles frappées au sol, le retrait se termine chez lui : il doit recevoir des relais parfois hauts, parfois dans la terre, et garder le pied sur la base. Sa spécialité, c’est le scoop, ce geste qui ramasse une balle qui rebondit juste devant le coussin.
La réception demande de coordonner le gant et les appuis : le défenseur s’étire vers la balle pour la capter au plus tôt, tout en conservant le contact avec le coussin jusqu’à la réception. Si le relais est trop éloigné, il doit quitter la base pour arrêter la balle, quitte à renoncer au retrait, plutôt que de la laisser filer derrière lui.
Quand un coureur adverse occupe la première base, le défenseur peut se rapprocher du coussin pour le tenir, prêt à recevoir un lancer de contrôle du lanceur et à toucher le coureur avec la balle dans son gant s’il s’est trop éloigné. Ce placement vise à limiter l’avance que prend le coureur, mais laisse aussi davantage d’espace à défendre entre la première et la deuxième base.
La deuxième base (4) et le shortstop (6)
Ces deux joueurs se partagent le milieu du terrain, de part et d’autre de la deuxième base, et coordonnent leurs déplacements pour les doubles jeux. Sur une balle au sol vers le shortstop, le joueur de deuxième base rejoint le coussin pour recevoir son relais, éliminer le coureur qui arrive de la première base, puis lancer vers la première pour retirer le frappeur. C’est le double jeu 6-4-3, dans lequel la précision des relais et la rapidité du pivot permettent d’enchaîner les deux retraits.
Le shortstop joue entre la deuxième et la troisième base, d’où il doit parfois effectuer un long relais vers la première après avoir ramassé la balle en mouvement. Le joueur de deuxième base dispose généralement d’un relais plus court vers la première, mais doit lui aussi couvrir du terrain latéralement et enchaîner réception et lancer. Sur une tentative de vol de deuxième base, l’un des deux vient recevoir le relais du receveur, selon l’organisation défensive prévue.
En MLB, les restrictions de placement introduites en 2023 imposent deux défenseurs du champ intérieur de chaque côté de la deuxième base. Les quatre doivent également garder leurs pieds à l’intérieur de la limite extérieure de la terre battue au moment du lancer, ce qui encadre les décalages possibles selon le frappeur.
La troisième base (5)
La troisième base est surnommée le coin chaud parce que les balles frappées fort de ce côté, notamment par les droitiers, laissent peu de temps au défenseur pour réagir. Il doit les arrêter puis effectuer un relais à travers le diamant vers la première base, parfois après un déplacement latéral ou un plongeon. Le poste demande donc de préparer ses appuis rapidement pour lancer avec précision, même lorsque la réception l’a déséquilibré.
Sur un bunt, le mouvement s’inverse : il quitte sa position pour charger vers le marbre, ramasser la balle et relayer avant l’arrivée du frappeur en première base. Il peut alors la saisir à mains nues pour gagner du temps, lorsque sa vitesse et son rebond le permettent.
Les champs extérieurs (7, 8, 9)
Les trois joueurs de champ extérieur attrapent les balles hautes, coupent les trajectoires des balles qui roulent vers la clôture et relaient vers le champ intérieur. Ils se placent selon le frappeur : plus profond face à un cogneur, plus près pour un frappeur de contact, et décalés vers le côté où il envoie le plus souvent la balle.
Le champ centre (8) intervient de part et d’autre de sa position, dans les espaces qui le séparent du champ gauche et du champ droit. Lorsqu’une balle est accessible à plusieurs joueurs, ils doivent annoncer qui la prend pour éviter une hésitation ou une collision. Pour arriver sous la balle, le défenseur doit lire sa trajectoire dès la frappe et orienter ses premiers pas dans la bonne direction avant d’accélérer.
La distance des relais distingue aussi les deux côtés du terrain : depuis le champ droit (9), il faut traverser le terrain en diagonale pour atteindre la troisième base. Ce lancer demande de la puissance et de la précision pour empêcher un coureur parti de première d’y parvenir après une frappe. Depuis le champ gauche (7), le trajet vers la troisième base est plus court, mais le défenseur doit également pouvoir relayer vers le marbre ou la deuxième base selon l’action.
Sur une balle profonde, un défenseur du champ intérieur peut se placer entre le joueur de champ extérieur et la base visée pour servir de relais. Ce rôle de cut-off permet de raccourcir le lancer ou de réorienter la balle vers une autre base si la situation change pendant l’action.
Le frappeur désigné (DH)
Le frappeur désigné, ou DH, prend la place du lanceur dans l’ordre de passage au bâton sans occuper de poste défensif, ce qui explique l’absence de numéro pour ce rôle. L’équipe conserve donc neuf frappeurs dans son ordre de passage et neuf joueurs en défense : le DH frappe, tandis que le lanceur défend. Adopté par l’American League en 1973, le DH est installé dans les deux ligues depuis 2022.
Ce rôle permet d’aligner un frappeur pour sa contribution offensive ou de ménager un joueur en lui évitant les manches en défense. En MLB, si le DH entre à un poste défensif en cours de match, l’équipe perd normalement le bénéfice du frappeur désigné pour la suite de la rencontre, et le poste de lanceur entre alors dans l’ordre de passage au bâton.
Une disposition concerne les joueurs qui cumulent les deux fonctions, comme Shohei Ohtani : un lanceur partant également inscrit comme DH peut rester au bâton après avoir été remplacé sur le monticule. Pour comprendre comment le DH s’insère parmi les huit autres frappeurs, notre anatomie d’un lineup détaille la construction de l’ordre de passage.
Les remplaçants et les rôles spécialisés
Le pinch-hitter entre à la place d’un autre joueur pour frapper, mais son intervention ne se limite pas nécessairement à ce passage au bâton : il peut rester dans le match et frapper à nouveau lorsque son tour revient. Le pinch-runner remplace, lui, un joueur déjà sur base, par exemple pour apporter davantage de vitesse. En MLB, dans les deux cas, le joueur remplacé quitte définitivement la rencontre et son remplaçant occupe sa place dans l’ordre de passage.
D’autres termes décrivent une spécialité plutôt qu’un remplacement : un utility est un joueur capable de tenir plusieurs postes défensifs, tandis que le setup man et le closer sont des lanceurs de relève. Le premier prépare généralement la fin du match, souvent en 8ᵉ manche, et le second intervient pour préserver l’avance jusqu’au dernier retrait, fréquemment en 9ᵉ. Leur utilisation dépend toutefois du score et des lanceurs disponibles, et tous deux portent le numéro défensif 1 lorsqu’ils lancent.
Lire la numérotation sur une feuille de match
Sur la feuille de match, les numéros permettent de suivre les défenseurs impliqués dans une action : pour un retrait sur une balle au sol, on note les relais successifs jusqu’au joueur qui réalise le retrait. D’autres signes complètent ce code, comme F pour une balle haute attrapée de volée et K pour un strikeout, lorsque le frappeur reçoit trois strikes.
| Notation | Ce qui s’est passé |
|---|---|
| 6-3 | Balle au sol vers le shortstop, relais à la première base, frappeur retiré |
| 5-3 | La même chose depuis la troisième base |
| 3-1 | Balle au sol vers la première base, le lanceur couvre le coussin |
| 6-4-3 | Double jeu : shortstop, deuxième base, première base |
| 4-6-3 | Double jeu dans l’autre sens |
| F8 | Balle haute attrapée par le champ centre |
| K | Strikeout, trois strikes comptabilisés contre le frappeur |
Le défenseur qui réalise le retrait est crédité d’un putout, celui qui a relayé la balle d’un assist. Ces colonnes figurent dans les statistiques défensives, et le tableau complet se lit dans notre guide pour lire un box score.
Choisir un poste pour débuter
Pour débuter, essayer plusieurs postes avec un entraîneur permet de découvrir des gestes et des situations différents avant de se spécialiser. Recevoir un relais en première base, suivre une balle haute dans le champ extérieur ou bloquer un lancer derrière le marbre ne demande pas les mêmes repères, et chacun de ces apprentissages se travaille. Si l’envie vous prend de passer de la lecture au terrain, notre panorama du baseball en France explique où et comment s’y mettre.
Pour aller plus loin
Pour replacer ces postes dans le déroulement d’un match, notre guide des règles du baseball reprend la mécanique des manches et des retraits. Le lexique franco-anglais permet de retrouver les termes employés sur le terrain et explique notamment le choix de conserver le mot shortstop.
Éditionn°180
