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ÉditionN°199Scores du jour
Jacob Misiorowski, bras levés, célèbre son match complet à 15 strikeouts face aux Phillies, le 12 juin 2026 à Milwaukee.
MagazineLong formatLesamedi 3 octobre 2026

Fastball, slider, sweeper : les lancers du baseball

Four-seam, sinker, slider, sweeper, changeup, splitter : les lancers du baseball expliqués, avec leur vitesse, leur trajectoire et leur efficacité en MLB en 2026. Le guide pour savoir ce que lance le pitcher à l'écran.

PhotoMLBÉditorial — MLBvia MLB.com

PhotoMLBÉditorial — MLBvia MLB.com

Jacob Misiorowski lance sa fastball à 100,6 mph de moyenne, soit 162 km/h, et il s’en sert pour près de deux lancers sur trois. En face, dans la Division Series qui oppose Milwaukee à San Diego à partir de ce samedi 3 octobre, le releveur des Padres Mason Miller tourne à 101,4 mph. Deux des bras les plus rapides des majeures se retrouvent dans la même série.

La vitesse ne fait pourtant pas tout. Un lanceur de MLB dispose en général de trois à six lancers différents, qui n’ont ni la même vitesse, ni la même trajectoire, ni le même but. Ce guide passe en revue les familles de lancers, explique ce qui les distingue et montre comment un pitcher les combine pour battre le frappeur.

Vitesse et rotation : les deux leviers

Tout lancer se lit avec deux repères. La vitesse, en miles par heure (mph) sur les écrans américains : multipliez par 1,6 pour obtenir des km/h. La rotation, ou spin, se mesure en tours par minute (rpm), mais son orientation compte aussi : le nombre de tours ne suffit pas à expliquer la trajectoire.

Selon son orientation, la rotation peut limiter la chute de la balle, accentuer sa plongée ou la faire dévier sur le côté. Face à une fastball, le frappeur dispose d’environ quatre dixièmes de seconde pour reconnaître le lancer et effectuer son swing : il doit donc décider bien avant que la balle arrive au marbre. Il anticipe sa trajectoire à partir des premiers mètres. Tout l’art du lanceur consiste à tromper cette anticipation.

La famille des fastballs

La fastball four-seam (ou 4-seam, « quatre coutures ») est le lancer de base, le plus rapide et le plus utilisé : 31 % des lancers en MLB en 2026. Le lanceur médian l’envoie à 94,5 mph (152 km/h). Sa forte rotation vers l’arrière lui donne l’air de « monter » : elle tombe moins que ce que l’œil du frappeur attend, d’où les swings passés sous la balle.

La sinker (ou fastball two-seam) est presque aussi rapide mais plonge et file vers le côté du bras du lanceur. Elle cherche surtout à provoquer une balle frappée au sol, que la défense peut convertir en retrait ou en double jeu. Parmi les principaux types de lancers, c’est celui qui provoque le moins de swings dans le vide (environ 14 % des swings tentés).

La cutter se situe entre la fastball et la slider : un peu plus lente (89,6 mph de médiane), elle dévie au dernier moment vers le côté opposé au bras. Elle vise un contact mal centré ; lorsqu’elle rentre sur les mains du frappeur, elle peut même casser sa batte.

Les lancers cassés : slider, sweeper, curveball

On les appelle les breaking balls. Généralement plus lents que les fastballs, ils se distinguent par une déviation latérale, une plongée marquée ou une combinaison des deux. L’orientation de leur rotation contribue à ces différences de trajectoire.

La slider part comme une fastball puis glisse latéralement et plonge, à environ 86 mph (139 km/h). C’est le lancer cassé le plus utilisé des majeures, et un swing sur trois la manque.

Le sweeper est une slider qui balaie : moins rapide (82,5 mph de médiane), il traverse la zone de strike à l’horizontale, parfois sur plus de 40 cm. Le lancer existait depuis longtemps, mais la MLB ne l’a classé à part qu’en 2023, après qu’il a envahi les bullpens. Sa part est passée d’environ 1 % des lancers en 2019 à 8 % en 2026. Shohei Ohtani en a fait sa marque : c’est sur un sweeper qu’il a retiré Mike Trout pour conclure le World Baseball Classic 2023, et il en a lancé près de trois sur dix lors de ses quatorze départs de 2026.

La curveball est la plus lente et la plus verticale : autour de 80 mph (130 km/h), elle tombe de haut en bas avec une rotation vers l’avant. Elle quitte souvent la main du lanceur au-dessus de la ligne des yeux du frappeur avant de plonger dans la zone. Ses variantes, la knuckle curve et la slurve (mi-slider, mi-curve), restent dans la même famille.

Quatre trajectoires de lancers comparées : la four-seam descend peu, la slider dévie et plonge, le sweeper balaie largement sur le côté et la curveball chute davantage.

Quatre trajectoires vues depuis l’arrière du receveur, face à un lanceur droitier. Illustration : La Minute Baseball. Agrandir l’illustration.

Changer de rythme : changeup et splitter

Ces lancers imitent le geste d’une fastball, mais arrivent plus lentement, souvent avec un écart de 8 à 10 mph. Ils jouent sur le décalage de vitesse et sur leur mouvement. Le frappeur qui se prépare à une fastball risque de déclencher son swing trop tôt ou de voir la balle passer sous sa batte.

Le changeup doit ce ralentissement à la prise : la balle est tenue plus profondément dans la main, parfois jusque dans la paume. Le lanceur conserve un geste proche de celui de la fastball. Tarik Skubal, double Cy Young de l’Américaine arrivé aux Dodgers à la trade deadline, en a fait l’arme qui complète sa fastball : un quart de ses lancers en 2026, avec près d’un swing sur deux dans le vide.

Le splitter (split-finger) se lance la balle coincée entre l’index et le majeur écartés. Il tourne peu (1 340 rpm de médiane, contre 2 300 pour la four-seam) et chute fortement à l’approche du marbre. Longtemps rare en MLB, il est très répandu au Japon, d’où viennent plusieurs de ses meilleurs spécialistes. Yoshinobu Yamamoto, coéquipier de Skubal dans la rotation des Dodgers qui retrouvent Atlanta en Division Series, en a fait son lancer le plus utilisé en 2026 (27 %). Sa part dans la ligue a doublé depuis 2019, de 1,6 % à 3,2 %.

Reste une curiosité, la knuckleball, lancée presque sans rotation pour que la balle flotte de manière imprévisible. Matt Waldron (Nationals) est aujourd’hui le seul lanceur de MLB à en faire une arme régulière ; les autres knuckleballs recensées en 2026 viennent de joueurs de champ appelés à lancer en fin de match déjà perdu.

Les lancers en chiffres

LancerCodePart des lancers MLBVitesse médianeSwings dans le vide
Four-seamFF31 %94,5 mph (152 km/h)22 %
SinkerSI17 %93,9 mph (151 km/h)14 %
SliderSL13 %86,3 mph (139 km/h)33 %
ChangeupCH11 %86,7 mph (140 km/h)31 %
SweeperST8 %82,5 mph (133 km/h)31 %
CutterFC8 %89,6 mph (144 km/h)23 %
CurveballCU8 %80,6 mph (130 km/h)31 %
SplitterFS3 %86,8 mph (140 km/h)34 %

La dernière colonne rapporte les swings manqués aux swings tentés : 33 % signifie qu’environ un swing sur trois manque la balle. Les vitesses correspondent au lanceur médian pour chaque type de lancer.

La four-seam et la sinker provoquent moins de swings manqués que les autres lancers du tableau, mais une balle frappée mollement au sol peut aussi donner un retrait. Un bon répertoire combine vitesse et mouvement pour entretenir l’incertitude du frappeur.

Construire un répertoire

Un lanceur partant s’appuie en général sur quatre ou cinq lancers, un releveur sur deux ou trois, qu’il doit maîtriser parfaitement le temps d’une manche. La qualité de chaque lancer compte, tout comme le contraste entre eux.

Le premier contraste est la vitesse : un changeup à 87 mph piège d’autant mieux le frappeur qu’il doit aussi guetter une fastball à 97. Le second est la trajectoire : une fastball haute dans la zone et une curveball basse forcent le frappeur à couvrir les deux extrémités. Le troisième, plus subtil, est ce que les entraîneurs appellent le tunneling : deux lancers qui suivent un chemin très proche pendant les premiers mètres, puis se séparent au moment où le frappeur doit déjà avoir décidé. Une fastball et une slider qui sortent du même point et se ressemblent jusqu’à mi-parcours deviennent bien plus difficiles à distinguer à temps.

Misiorowski montre qu’un seul lancer dominant peut porter tout un répertoire : sa fastball représente 63 % de ses lancers, complétée par une cutter, une slider et une curveball. Les frappeurs n’ont frappé que .174 contre sa fastball cette saison.

Ces choix se font en grande partie avec le receveur, qui annonce chaque lancer par un signe ou, depuis 2022, par le boîtier électronique PitchCom. Le rôle du receveur et du lanceur dans la défense est détaillé dans notre guide des positions du baseball.

Ce que les noms ne disent pas

Ces catégories restent des conventions. Deux sliders peuvent avoir des trajectoires très différentes selon le lanceur, et la frontière entre slider, sweeper et slurve se joue parfois à quelques centimètres de déviation. Les noms affichés pendant les retransmissions viennent d’un classement automatique établi par la MLB à partir de la vitesse, de la rotation et du mouvement mesurés à chaque lancer : il arrive qu’un même lancer change de nom d’une saison à l’autre sans que le lanceur ait rien modifié.

Pour aller plus loin, le glossaire officiel de la MLB décrit chaque type de lancer, et notre lexique franco-anglais explique pourquoi on garde en français les mots fastball, slider ou changeup. Pour comprendre la moyenne au bâton, comme le .174 concédé par Misiorowski sur sa fastball, consultez notre guide pour lire les stats du baseball.

Éditionn°190

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