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ÉditionN°199Scores du jour
Munetaka Murakami, casque sur la tête, crie de joie en courant, sous le maillot noir des White Sox, lors du match 1 de la Division Series au Progressive Field de Cleveland, le 3 octobre 2026.
MagazineLong formatLesamedi 10 octobre 2026

White Sox : de 121 défaites aux playoffs en deux ans

121 défaites en 2024, un record dans l'ère moderne. Deux ans plus tard, les White Sox jouent un match 5 de Division Series à Cleveland. Retour sur leur reconstruction, de l'échange de Garrett Crochet à l'arrivée de Munetaka Murakami.

PhotoMLBÉditorial — MLBvia MLB.com

PhotoMLBÉditorial — MLBvia MLB.com

Dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 octobre, à 2 h, heure de Paris, les White Sox jouent leur qualification pour la finale de la Ligue américaine au Progressive Field de Cleveland. À deux victoires partout en Division Series, le match 5 décidera qui affrontera les Rays au tour suivant. Il y a deux ans, ce même club terminait sa saison avec 41 victoires et 121 défaites : aucune équipe des majeures n’avait perdu autant de matchs en une saison depuis 1900.

Entre les deux, il y a eu des échanges, un nouveau manager, une recrue venue du Japon et une génération de jeunes joueurs lancés dans les majeures. Retour sur deux ans de reconstruction.

2024, le fond du trou

En 2024, les White Sox ont perdu 21 matchs de suite entre le 10 juillet et le 5 août. Ils ont fini la saison avec 507 points marqués et 813 encaissés, soit un écart de -306. Pedro Grifol a été renvoyé en août, et Grady Sizemore a terminé la saison comme manager par intérim.

Les 121 défaites ont battu le record de l’ère moderne, détenu par les Mets de 1962 (120). Dans cet effectif, le lanceur gaucher Garrett Crochet représentait l’une des principales monnaies d’échange pour reconstruire.

Échanger pour reconstruire

La reconstruction était déjà engagée avant la fin de cette saison. Le 29 juillet 2024, à l’approche de la trade deadline, la date limite des échanges, Chicago a envoyé Erick Fedde et Tommy Pham à Saint-Louis, et Michael Kopech aux Dodgers. Dans cet échange à trois équipes, le club a notamment récupéré Miguel Vargas, un joueur de troisième base de 24 ans, ainsi que deux espoirs, Alexander Albertus et Jeral Perez.

Le transfert majeur intervient le 11 décembre 2024. Crochet part à Boston contre quatre jeunes joueurs : le receveur Kyle Teel, le voltigeur Braden Montgomery, le joueur de champ intérieur Chase Meidroth et le lanceur Wikelman Gonzalez. Braden Montgomery et Meidroth sont titulaires dans cette Division Series.

Entre-temps, le club a choisi son manager : Will Venable, ancien voltigeur des Padres et adjoint de Bruce Bochy chez les Rangers, champions du monde en 2023. Il hérite d’un effectif en pleine reconstruction, avec de jeunes joueurs à faire progresser.

2025, l’année des débuts

La première saison de Venable se termine avec 60 victoires et 102 défaites. Le bilan reste lourd, mais les progrès se lisent aussi dans l’écart entre points marqués et encaissés, qui passe de -306 à -95. C’est surtout l’année où plusieurs espoirs du farm system, le réseau d’équipes de ligues mineures du club, rejoignent les majeures.

Meidroth fait ses débuts en avril et vole 14 bases. Teel, appelé en juin, atteint les bases plus d’une fois sur trois (.375 d’OBP) en 78 matchs. Le shortstop Colson Montgomery arrive le 4 juillet et frappe 21 home runs en 71 matchs. Le releveur Grant Taylor connaît des débuts difficiles (4.91 d’ERA), mais retire déjà 54 frappeurs sur strikeouts en 36 manches 2/3.

Dans la rotation, la bonne surprise vient d’un lanceur arrivé par la petite porte. Shane Smith a été sélectionné chez les Brewers en décembre 2024 lors du Rule 5 draft, qui permet de recruter certains joueurs de ligues mineures non protégés par leur club, à condition de les garder en MLB toute la saison suivante. Il est sélectionné pour l’All-Star Game en juillet et termine avec 3.81 d’ERA en 146 manches 1/3, le plus gros volume de l’équipe. Sean Burke, appelé en septembre 2024, termine avec 4 victoires et 11 défaites (4.22 d’ERA), mais lance 134 manches 1/3 avec 133 strikeouts.

L’hiver qui change l’équipe

Le 21 décembre 2025, Munetaka Murakami signe avec les White Sox un contrat de deux ans et 34 millions de dollars. Avec les Yakult Swallows, il avait frappé 56 home runs en 2022 : le record sur une saison en NPB, le championnat japonais, pour un joueur né au Japon, devant les 55 de Sadaharu Oh. Il a 25 ans à sa signature.

Chicago complète son recrutement : le club récupère le voltigeur Tristan Peters auprès des Rays contre une somme d’argent, engage le gaucher Anthony Kay et le releveur Seranthony Domínguez, puis fait revenir Erick Fedde. Le 20 janvier, Luis Robert Jr., titulaire au champ centre depuis 2020, part aux Mets contre Luisangel Acuña et le lanceur Truman Pauley.

2026, la surprise de la Centrale

Les White Sox finissent avec 84 victoires et 78 défaites, soit 24 victoires de plus qu’en 2025 et 43 de plus qu’en 2024. Leur écart de points passe à +56. En tête de la division Centrale dès la fin juin et encore à égalité avec Cleveland le 17 septembre, ils sont dépassés le lendemain et terminent à une victoire des Guardians.

Chicago décroche la dernière wild card de la Ligue américaine, une place en playoffs réservée aux équipes qui n’ont pas remporté leur division. C’est sa première qualification depuis 2021.

JoueurArrivée au clubSaison régulière 2026
Miguel Vargas (3B)Échange, juillet 202433 HR, 22 bases volées, .837 d’OPS
Munetaka Murakami (1B)Agent libre, décembre 202535 HR, .207 de moyenne, .347 d’OBP
Colson Montgomery (SS)Draft 202131 HR, .197 de moyenne
Chase Meidroth (2B)Échange Crochet, décembre 2024.276 de moyenne, .350 d’OBP
Sean Burke (lanceur partant)Draft 202111‑7, 3.34 d’ERA, 185 K
Grant Taylor (releveur)Draft 20232.25 d’ERA, 106 K en 84 manches

Chez Murakami et Colson Montgomery, la puissance s’accompagne d’une faible moyenne au bâton. Murakami affiche .207 de moyenne, mais sa capacité à obtenir des walks lui permet d’atteindre les bases plus d’une fois sur trois (.347 d’OBP). Il a frappé un home run dès son premier match en majeures, le 26 mars, puis signé une soirée à six RBI le 26 juillet contre Houston.

Colson Montgomery frappe 31 home runs malgré une moyenne sous .200. Vargas, lui, ajoute la vitesse à la puissance : 22 bases volées et 106 points marqués.

Pour lire ces chiffres, notre guide des stats du baseball explique notamment la différence entre moyenne au bâton et OBP, le taux de présence sur base.

Début août, le club cherche cette fois à se renforcer à la date limite des échanges : il fait venir Brenton Doyle, voltigeur de centre des Rockies, et Luis Castillo, lanceur partant des Mariners. Le contraste avec 2024 est net. Le pari Castillo donne toutefois peu de résultats : 8.42 d’ERA en neuf apparitions pour Chicago, dont six départs.

Une remontée presque sans équivalent

Depuis 1901, quinze équipes, ces White Sox compris, se sont qualifiées pour les playoffs un ou deux ans après une saison à cent défaites ou plus. Aucune n’était partie d’aussi bas. Jusque-là, le point de départ le plus bas était celui des Astros, passés de 51 victoires et 111 défaites en 2013 à une qualification en 2015.

Le gain de 43 victoires entre 2024 et 2026 est le deuxième plus important parmi ces parcours, derrière les Orioles, passés de 52-110 en 2021 à 101-61 en 2023 (+49). En 2023, les Rangers et les Diamondbacks ont eux aussi rejoint les playoffs deux ans après plus de cent défaites. Ils se sont ensuite affrontés en World Series, remportée par Texas, avec Venable dans le staff de Bochy.

Les White Sox avaient déjà suivi ce chemin : 62-100 en 2018, qualifiés en 2020, lors d’une saison réduite à 60 matchs et avec des playoffs exceptionnellement élargis à seize équipes. Le format actuel facilite lui aussi l’accès : depuis 2022, douze équipes sur trente vont en playoffs, et 84 victoires ont suffi à Chicago.

Jusqu’en 1968, la World Series opposait directement les vainqueurs des deux ligues. En 1969, année de l’introduction des finales de ligue, les Mets, partis de 61-101 deux ans plus tôt, sont allés jusqu’au titre.

Octobre, enfin

Au premier tour, Chicago a éliminé les Astros en deux matchs à Houston : une victoire 6-3, puis un succès 7-3 pour conclure la série. C’était la première série de playoffs gagnée par les White Sox depuis la World Series 2005, après des éliminations d’entrée en 2008, 2020 et 2021.

En Division Series, les deux premiers matchs à Cleveland ont tourné à l’avantage de Chicago : un succès 3-0 avec cinq lanceurs, puis un 4-3 renversé en 6ᵉ manche sur un double de Braden Montgomery, avec 5 manches 1/3 de relève de Sean Burke. De retour au Rate Field, à une victoire de la qualification, les White Sox ont perdu deux fois : 9-3 au match 3, puis 9-5 au match 4, après avoir encaissé six points en 6ᵉ manche.

Le match 5

Sean Burke est annoncé comme partant face à Gavin Williams, auteur de onze strikeouts au match 2 et de 248 en saison régulière. Les deux équipes se connaissent bien : Chicago a remporté sept de leurs treize confrontations en saison régulière.

Le vainqueur ouvrira la finale de la Ligue américaine au Tropicana Field contre Tampa Bay, dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 octobre, à 2 h, heure de Paris. Toute la saison de Chicago est à retrouver sur la page des White Sox.

Éditionn°197

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