Douze équipes sur trente disputent les playoffs MLB, six par ligue : les trois champions de division et les trois meilleures équipes restantes, les wild cards. Le format est en vigueur depuis 2022, et il transforme septembre en une course à deux étages, où l’on joue autant pour entrer dans le tableau que pour son rang au départ. La saison régulière 2026 s’achève le 27 septembre.
Cette page explique la qualification : qui entre, comment les équipes sont classées, comment se départagent les égalités, comment lire les colonnes du classement et à partir de combien de victoires on est généralement dedans. Pour le déroulé d’octobre tour par tour, voyez le tableau des playoffs expliqué.
Douze équipes sur trente
Depuis 2022, chaque ligue (Américaine et Nationale) envoie six équipes en playoffs. Dix-huit franchises sur trente terminent donc leur saison le dernier dimanche de septembre. Le changement est récent : de 2012 à 2019, puis en 2021, cinq équipes par ligue se qualifiaient, avec un match unique de wild card entre les deux non-championnes de division. L’accord collectif signé en mars 2022 a ajouté une troisième wild card par ligue et remplacé ce match couperet par une série au meilleur des trois matchs.
Le format élargi a une conséquence directe sur la lecture de la saison : une équipe qui gagne 86 matchs, soit un peu plus de 53 % de ses rencontres, a désormais une vraie chance de jouer en octobre. Sous l’ancien format à cinq équipes par ligue, la barre se situait le plus souvent au-dessus.
Deux portes d’entrée : la division ou la wild card
Chaque ligue est découpée en trois divisions géographiques (Est, Centre, Ouest) de cinq équipes. Terminer premier de sa division vaut une qualification automatique et l’une des trois premières têtes de série, quel que soit le bilan. Les trois wild cards reviennent aux trois meilleurs bilans parmi les douze équipes non championnes de la ligue, sans considération de division : elles peuvent venir de la même division, et c’est fréquent.
La géographie pèse lourd. Une wild card peut afficher un meilleur bilan qu’un champion de division, mais elle sera classée au mieux quatrième. En 2023, les Twins ont remporté l’AL Central avec 87 victoires et pris la 3ᵉ tête de série, tandis que les Rays, deuxièmes de l’AL East avec 99 victoires, ont dû passer par le Wild Card Series en tant que 4ᵉ. En 2025, même scénario entre les Guardians (88 victoires, champions de l’AL Central) et les Yankees (94 victoires, première wild card).
Une équipe qui rate la division n’a pas perdu sa saison pour autant : les Phillies de 2022 sont entrés en dernière position du tableau, 6ᵉ tête de série avec 87 victoires, et ont atteint la World Series.
Les têtes de série 1 à 6 et le bye
Une fois les six qualifiés connus, chaque ligue les classe de 1 à 6. Les champions de division prennent les rangs 1, 2 et 3 dans l’ordre de leur bilan, les wild cards les rangs 4, 5 et 6 dans le même ordre. Les têtes de série 1 et 2 sont exemptées du premier tour : c’est le bye. Elles attendent directement en Division Series pendant que les rangs 3 à 6 s’affrontent au meilleur des trois matchs, 3 contre 6 et 4 contre 5, tous les matchs chez le mieux classé.
Le bye a une valeur concrète. Il évite une série de trois matchs où un mauvais soir suffit à sortir, et il permet de remettre la rotation à zéro avant une série au meilleur des cinq. Le tableau est fixé avant le premier tour et n’est jamais recomposé : la tête de série 1 affronte le vainqueur du duel 4-5, la 2 celui du duel 3-6. Une équipe exemptée doit gagner onze matchs pour le titre, une équipe passée par le premier tour treize.
Voilà pourquoi une équipe déjà qualifiée continue de jouer ses titulaires en septembre : l’écart entre la 2ᵉ et la 3ᵉ tête de série, c’est un tour de playoffs en plus ou en moins.
Départager les égalités : plus de match 163
Jusqu’en 2021, deux équipes à égalité pour une place ou un titre de division jouaient un match supplémentaire, le fameux « game 163 ». Depuis 2022, les égalités sont tranchées sur dossier, dans cet ordre :
- La confrontation directe sur la saison, généralement treize matchs entre équipes d’une même division.
- Le bilan intra-division, contre les quatre autres équipes de sa division.
- Le bilan intra-ligue, contre toutes les équipes de sa ligue.
- Le bilan sur la seconde moitié des matchs intra-ligue, puis, si l’égalité persiste, ce même bilan en remontant un match à la fois vers le début de saison.
Pour une égalité à trois ou plus, la MLB applique d’abord le bilan combiné des confrontations entre les équipes concernées, puis les mêmes critères. En pratique, la confrontation directe règle presque tout. En 2025, les Tigers et les Astros ont terminé à 87 victoires chacun pour la dernière wild card de la Ligue américaine : Detroit est passé, Houston est resté à quai. Dans la Ligue nationale, les Reds ont pris la troisième wild card devant les Mets à 83 victoires partout. Une série perdue en mai peut donc décider d’une saison en septembre.
Lire les colonnes GB et WCGB
Le classement affiche deux écarts. GB (games back) mesure le retard sur le premier de la division, WCGB (wild card games back) le retard sur la dernière place qualificative de wild card, la troisième. La formule est la même : on additionne la différence de victoires et la différence de défaites, puis on divise par deux. Une équipe à 78-68 pointe à 11 matchs d’une équipe à 89-57 : (89 − 78 + 68 − 57) / 2 = 11.
Un signe « + » devant le WCGB indique une avance, pas un retard : « +3.5 » signifie que l’équipe a 3,5 matchs de marge sur la première équipe non qualifiée. Les demi-matchs viennent du fait que les équipes n’ont pas toujours joué le même nombre de rencontres. Le tableau des wild cards de MLB.com et notre récap MLB quotidien suivent ces écarts jour après jour.
Le magic number et l’élimination mathématique
Le magic number est le nombre combiné de victoires de l’équipe de tête et de défaites de sa poursuivante qui garantit la qualification ou le titre de division. Sur une saison de 162 matchs, il se calcule ainsi : 163 moins les victoires du leader, moins les défaites du poursuivant. Chaque victoire du leader ou défaite du poursuivant le fait baisser d’un. À zéro, c’est acquis.
Prenons un leader de division à 89-57 et son poursuivant à 78-68. Magic number du leader : 163 − 89 − 68 = 6. Six victoires du leader, six défaites du poursuivant ou n’importe quelle combinaison des deux, et la division est jouée. La MLB affine le calcul quand le leader possède déjà l’avantage au départage : une égalité finale lui suffit, le magic number perd alors un point.
Le miroir du magic number est le nombre d’élimination, souvent noté E : le nombre combiné de défaites et de victoires adverses qui sort une équipe de la course. Quand il tombe à zéro, l’équipe est mathématiquement éliminée, ce que les classements signalent par la lettre E. Une équipe peut être éliminée de la course au titre de division tout en restant en vie pour la wild card.
Combien de victoires faut-il ?
Les quatre premières saisons complètes du format, de 2022 à 2025, permettent déjà d’observer le seuil de qualification. Voici, pour chacune, le bilan de la troisième et dernière wild card de chaque ligue, et celui de la première équipe restée dehors.
| Saison | Dernière wild card AL | Première exclue AL | Dernière wild card NL | Première exclue NL |
|---|---|---|---|---|
| 2022 | Rays, 86-76 | Orioles, 83-79 | Phillies, 87-75 | Brewers, 86-76 |
| 2023 | Blue Jays, 89-73 | Mariners, 88-74 | Diamondbacks, 84-78 | Cubs, 83-79 |
| 2024 | Tigers, 86-76 | Mariners, 85-77 | Mets, 89-73 | Diamondbacks, 89-73 |
| 2025 | Tigers, 87-75 | Astros, 87-75 | Reds, 83-79 | Mets, 83-79 |
Sur ces quatre saisons complètes, le seuil se situe entre 83 et 89 victoires, autour de 86 en moyenne. Mais même 89 victoires n’ont pas garanti une place en 2024, quand les Diamondbacks ont perdu le départage face aux Mets. Notez la fréquence des égalités : en 2024 dans la Ligue nationale et en 2025 dans les deux ligues, la dernière place s’est jouée au départage, sans match supplémentaire.
Le seuil est nettement plus bas pour un titre de division dans une division faible. Les Twins de 2023 (87 victoires) et les Guardians de 2025 (88) ont reçu une tête de série protégée avec des bilans qu’une wild card n’aurait pas toujours assurés. C’est la critique la plus courante du format, et la raison pour laquelle le premier tour ne donne pas le bye aux champions de division les moins bien classés.
Ce que ça change pour septembre
Il ne suffit pas de se qualifier, le rang au départ dessine le parcours. La différence entre la 2ᵉ et la 3ᵉ tête de série, c’est une série au meilleur des trois matchs en plus, à domicile certes, mais où deux défaites suffisent à tout arrêter. Un champion de division classé 3ᵉ peut immédiatement tomber sur la troisième wild card, qui a parfois un meilleur bilan que lui.
Les équipes en course jouent donc pour trois choses à la fois : la place, le rang et l’avantage du terrain. Un mauvais mois de septembre peut coûter deux rangs, et ces rangs-là pèsent directement sur le nombre de matchs à gagner pour arriver à la World Series. C’est pour cela que les dernières semaines de saison régulière se lisent avec le classement des wild cards à côté du tableau des divisions.
Pour aller plus loin
Une fois le tableau connu, le déroulé des playoffs tour par tour prend le relais, jusqu’à la World Series. En amont, pourquoi la saison compte 162 matchs explique la logique qui rend ce tri crédible, la saison MLB expliquée situe septembre dans le calendrier, et le box score apprend à lire les matchs qui font bouger les écarts.
Bilans 2022 à 2025 d’après les classements officiels de la MLB.
Éditionn°111