La Division 1 est le plus haut niveau du baseball français : huit clubs, une saison régulière d’avril à fin août sous l’égide de la Fédération française de baseball et softball (FFBS), puis des play-offs en septembre qui décernent le titre de champion de France. C’est un championnat de passionnés, où les meilleurs joueurs français côtoient des renforts étrangers, et il se suit très bien depuis son canapé : ce site publie le récap de chaque journée, classement compris.
Cet article s’appuie sur le règlement particulier 2026 et sur le calendrier officiel. Il présente les huit clubs et leur palmarès, les règles de composition des effectifs et les moyens de regarder les matchs.
Qu’est-ce que la D1, concrètement ?
Au sommet d’une pyramide qui comprend aussi les championnats régionaux, la Division 3 et la Division 2, la D1 rassemble les huit meilleurs clubs du pays. Le niveau de jeu est sérieux (lanceurs au-dessus de 130 km/h, anciens joueurs de ligues professionnelles étrangères, internationaux français), mais l’ambiance reste celle d’un club : on entend les encouragements des bancs et le public connaît les joueurs par leur prénom.
Être en D1 n’est pas qu’une affaire de résultats. Le règlement impose à chaque club au moins 100 licenciés, dont 45 jeunes pratiquant en compétition officielle et 20 licenciées, trois équipes de jeunes et une équipe réserve engagées en championnat, deux arbitres, au moins un scoreur et un opérateur myWBSC, un terrain homologué « Label Or » avec monticule fixe, ainsi que la participation au Challenge de France. Un club de D1 est d’abord une école de baseball.
Une journée de D1 : le samedi, puis le dimanche
Le rythme du championnat a sa particularité : chaque journée oppose deux équipes en programme double, soit deux matchs de neuf manches entre les mêmes adversaires, sur le même terrain. Le premier se joue le samedi à 16 h (15 h en heure d’hiver), le second le dimanche à partir de 11 h. Un club dont le terrain dispose d’un éclairage adapté peut demander à jouer le samedi en nocturne, à 19 h. Une journée de D1, c’est donc un week-end entier de baseball et deux box scores à décortiquer.
Comptez trois heures par match : sur la saison régulière 2026, la médiane des durées renseignées est de 3 h 00, entre un peu plus de 2 h pour le match le plus court et 5 h pour le plus long. Deux règles d’écart peuvent abréger l’affaire : dix points d’avance après sept manches complètes, ou quinze après cinq. Parmi les 110 rencontres disputées sur le terrain (les deux autres ont été gagnées par forfait), vingt se sont ainsi arrêtées avant la neuvième manche et neuf sont allées en manches supplémentaires, jusqu’à treize. Les grands principes restent ceux du baseball international, neuf manches comprises : un public habitué à la MLB retrouve vite ses repères à Savigny comme à Montpellier.
Les huit clubs de 2026
| Club | Stade | Titres | Saison régulière 2026 |
|---|---|---|---|
| Lions de Savigny-sur-Orge | Complexe Jean Moulin, Savigny-sur-Orge | 5 (dernier en 2004) | 1ᵉʳ, 20-8 |
| Huskies de Rouen | Stade Saint Exupéry, Rouen | 19 (dernier en 2025) | 2ᵉ, 19-9 |
| Boucaniers de La Rochelle | Boucaniers Baseball Field, La Rochelle | 0 | 3ᵉ ex æquo, 17-11 |
| Barracudas de Montpellier | Greg Hamilton BallPark, Montpellier | 4 (dernier en 2023) | 3ᵉ ex æquo, 17-11 |
| Templiers de Sénart | Templiers Stadium, Lieusaint | 1 (2014) | 5ᵉ, 14-14 |
| Tigers du Stade Toulousain | Les Argoulets, Toulouse | 0 | 6ᵉ, 11-17 |
| Pirates de Béziers | Pirates Field, Béziers | 0 | 7ᵉ, 9-19 |
| Paris Université Club | Stade Pershing, Paris | 22 (dernier en 2000) | 8ᵉ, 5-23 |
Le tableau raconte trois histoires. Celle de Rouen d’abord : dix-neuf titres depuis 2003, dont neuf d’affilée entre 2005 et 2013, et depuis 2015 une seule saison jouée sans titre rouennais, 2023, quand Montpellier a pris le trophée (la saison 2020 a été annulée). Celle du PUC ensuite : club le plus titré de l’histoire avec 22 couronnes, toutes conquises avant 2001, revenu en D1 cette saison comme champion de D2 2025 et dernier de la saison régulière ; la FFBS a annoncé sa relégation. Celle de la géographie enfin : le Sud aligne Montpellier, Toulouse et Béziers (arrivé de D2 en 2025), La Rochelle tient la façade atlantique et l’Île-de-France compte trois clubs, Savigny, Sénart et le PUC. Les Lions ont d’ailleurs reçu plusieurs rencontres de 2026 à Chartres, sur le terrain de C’Chartres Baseball Softball.
Le format : saison régulière, puis play-offs
Les huit clubs sont réunis dans une poule unique et s’affrontent en matchs aller-retour : 14 journées officielles, soit 28 matchs par équipe, étalées sur une vingtaine de week-ends une fois les reports et la pause du Challenge de France intégrés. Le classement se lit au pourcentage de victoires, comme en MLB. En cas d’égalité, la fédération regarde d’abord les confrontations directes, puis la différence de points marqués et encaissés par manche sur ces mêmes confrontations.
Les quatre premiers se qualifient pour les play-offs : le premier affronte le quatrième, le deuxième le troisième. En 2026, le calendrier officiel prévoit des demi-finales au meilleur des trois matchs, les 12 et 13 septembre, chez le mieux classé. La finale porte un nom, les French Baseball Series : une série au meilleur des cinq matchs sur deux week-ends, avec deux rencontres chez le moins bien classé de la saison régulière, puis jusqu’à trois chez le mieux classé, qui a donc l’avantage du terrain au moment décisif. Rouen est double tenant du titre.
Il n’y a ni play-down ni barrage en 2026 : le dernier de la saison régulière descend en Division 2 et le champion de D2 est appelé à monter. Dernier avec cinq victoires pour vingt-trois défaites, le PUC doit donc retrouver la D2 en 2027.
Un détail qui compte en septembre : chaque club joue avec une liste de trente joueurs déposée au printemps. Sauf exceptions prévues par les règlements généraux, un joueur doit avoir disputé au moins un tiers des matchs de saison régulière pour être qualifié en play-offs. Pas de renfort de dernière minute pour la finale.
Le champion représente la France dans les compétitions européennes de clubs la saison suivante. Le vainqueur du Challenge de France, la coupe qui réunit les huit clubs de D1 au printemps, décroche lui aussi un billet pour la Coupe d’Europe : en 2026, Rouen l’a remporté pour la 11ᵉ fois.
Qui joue en D1 : la règle des joueurs formés localement
C’est la différence la plus visible avec la MLB. Chaque club de D1 doit garder en permanence cinq joueurs formés localement (JFL) en jeu, sur le terrain ou au poste de frappeur désigné. Sur chaque programme double, au moins un des deux matchs doit être débuté par un lanceur JFL, et les lanceurs JFL doivent couvrir au moins sept manches sur le week-end. L’infraction coûte une amende et une défaite par pénalité.
Est « formé localement » un joueur licencié au moins trois saisons dans un club français avant ses 18 ans, ou cinq saisons avant ses 23 ans. Une clause historique couvre aussi certains joueurs nés en 1989 ou avant. Le statut ne dépend pas du passeport : un joueur étranger formé dans un club français compte comme JFL, tandis qu’un Français parti jeune aux États-Unis peut ne pas l’être.
Le reste de l’effectif, c’est la marge de manœuvre des clubs : internationaux français, joueurs passés par le Pôle France de Toulouse ou par le baseball universitaire américain, et renforts étrangers recrutés pour la saison, dont les noms reviennent chaque lundi dans nos récaps.
Où suivre la D1 ?
- Ici même : le récap de chaque journée avec résultats, classement et temps forts, publié le lundi.
- En vidéo : le règlement 2026 impose à chaque club de filmer tous ses matchs à domicile et de les diffuser en direct, avec au minimum une caméra grand angle derrière le backstop et le score à l’écran. Les directs se trouvent sur les pages Facebook et chaînes YouTube des clubs, et la FFBS en relaie une partie sur sa propre chaîne YouTube.
- En chiffres, en direct : chaque match est scoré en temps réel sur ffbs.wbsc.org par un opérateur myWBSC, autre obligation du règlement. On y trouve le score manche par manche, le box score complet, les statistiques individuelles et le calendrier.
- Baseball TV France : ce média associatif indépendant centralise scores en direct, replays et classements de la D1, avec une application mobile et une newsletter hebdomadaire.
- Au bord du terrain : c’est encore la meilleure option. Les tarifs varient selon les clubs, mais on y retrouve l’ambiance du club, sa buvette et une proximité avec le jeu qu’aucune retransmission ne remplace ; notre page sur le baseball en France explique comment trouver le terrain le plus proche.
La saison 2026 en une frise
| Période | Étape | Ce qui se joue |
|---|---|---|
| 4-5 avril | Ouverture | Premier programme double, Rouen et Montpellier signent les seuls week-ends parfaits |
| Mi-mai | Challenge de France | Le tournoi de coupe des huit clubs, à Toulouse, avec une pause en D1 et un 11ᵉ titre pour Rouen |
| Avril-août | Saison régulière | 14 journées, 28 matchs par équipe, classement au pourcentage de victoires |
| 29-30 août | Matchs en retard | Après trois semaines de pause, les derniers matchs reportés fixent le Final Four |
| 12-13 septembre | Demi-finales | 1ᵉʳ contre 4ᵉ, 2ᵉ contre 3ᵉ, au meilleur des trois matchs |
| 19-20 et 26-27 septembre | French Baseball Series | Finale au meilleur des cinq matchs, deux rencontres puis trois |
Pour aller plus loin
Si vous découvrez le baseball par la D1, le chemin de lecture idéal : les règles expliquées simplement pour la mécanique, le lexique pour parler comme le banc de touche, le panorama du baseball en France pour l’histoire et la pyramide des championnats, et le récap du lundi pour prendre le rythme. Le baseball français n’attend que des yeux neufs.
Éditionn°160
