Qui est le meilleur joueur de baseball au monde ? La réponse courte reste Shohei Ohtani. Le Japonais cumule quatre titres de MVP, dont les trois derniers d’affilée, et deux World Series avec les Dodgers de Los Angeles. Il était encore numéro 1 du classement MLB Network avant la saison 2026.
Mais le meilleur joueur sur plusieurs années n’est pas forcément celui qui domine la saison en cours. En 2026, Yordan Alvarez est le meilleur frappeur, Pete Crow-Armstrong le joueur de champ le plus complet et Jacob Misiorowski le lanceur le plus dominant. La MLB ne remet d’ailleurs pas un unique trophée de meilleur joueur : elle distingue un MVP dans chaque ligue et réserve le Cy Young aux lanceurs.
Notre sélection combine le niveau sur plusieurs saisons, les performances en 2026, la défense et la course sur bases. Les chiffres viennent des statistiques officielles de la MLB et sont arrêtés au 8 septembre 2026, à trois semaines de la fin de la saison régulière. La hiérarchie reste éditoriale et sera mise à jour après la remise des trophées.
Les meilleurs joueurs MLB 2026 en un coup d’œil
| Joueur | Équipe | Ce qui le distingue |
|---|---|---|
| Shohei Ohtani | Dodgers de Los Angeles | La référence mondiale : 4 MVP, OPS .902 et ERA 1.79 en 2026 |
| Yordan Alvarez | Astros de Houston | Meilleur frappeur de 2026 : OPS 1.031 et Triple Couronne AL en ligne de mire |
| Pete Crow-Armstrong | Cubs de Chicago | 41 HR, 35 SB et une défense d’élite au center field |
| Jacob Misiorowski | Brewers de Milwaukee | Meilleure ERA (1.97) et meilleur WHIP (0.79) de la MLB |
| Cam Schlittler | Yankees de New York | Meilleure ERA de l’AL (2.04) et 210 strikeouts |
| Junior Caminero | Rays de Tampa Bay | 38 HR, 92 RBI et une saison de niveau MVP à 23 ans |
| James Wood | Nationals de Washington | Troisième OPS des majeures (.927) à 23 ans |
| Kyle Schwarber | Phillies de Philadelphie | Leader MLB avec 43 home runs |
Shohei Ohtani, la réponse par défaut
Le Japonais des Dodgers reste le joueur le plus singulier de sa génération : un frappeur d’élite qui est aussi lanceur partant, un cas unique à ce niveau depuis Babe Ruth. Sa saison 2026 avait commencé sur ce double régime. Sur le monticule, il a signé 14 départs entre le 31 mars et le 3 juillet, pour 8 victoires, 2 défaites, une ERA de 1.79 et 95 strikeouts en 85 manches 2/3.
Puis les blessures ont interrompu son élan. Ohtani n’a plus lancé depuis le 3 juillet à cause d’une douleur persistante au genou gauche, puis une gêne au biceps droit et son état physique général ont ralenti son retour. Après une séance de bullpen plus courte qu’à l’habitude le 28 août, son calendrier est redevenu indéterminé. Le 6 septembre, Dave Roberts jugeait désormais improbable un retour au monticule en 2026, même comme opener en playoffs.
Au bâton, il reste un candidat au MVP : .277 de moyenne, .380 d’OBP, 30 home runs, 80 RBI et un OPS de .902, le quatrième des majeures parmi les joueurs qualifiés. Il a manqué quatre lineups de suite du 3 au 6 septembre pendant que le club évaluait son état au jour le jour, avant de retrouver le lineup le 7 septembre face aux Reds avec un walk en quatre passages au bâton. Les Dodgers (87-57) mènent l’Ouest de la Nationale et visent un troisième titre de rang, renforcés à la trade deadline par Tarik Skubal, double Cy Young 2024 et 2025 de l’Américaine. Notre portrait complet d’Ohtani raconte son parcours, du Japon aux deux opérations.
Les patrons de la saison MLB 2026
Yordan Alvarez, le frappeur de l’année
Après une saison 2025 réduite à 48 matchs par les blessures, le designated hitter des Astros écrase 2026 : .314 de moyenne, .432 d’OBP, .599 de slugging, soit un OPS de 1.031, le seul au-dessus de 1.000 parmi les frappeurs qualifiés. Ses 38 home runs sont un record personnel, et ses 99 walks disent le respect que lui portent les lanceurs adverses.
Surtout, Alvarez mène les trois catégories reines de la Ligue Américaine : la moyenne (.314), les home runs (38, à égalité avec Junior Caminero) et les RBI (95, à égalité avec Pete Alonso). La Triple Couronne, personne ne l’a réussie depuis Miguel Cabrera en 2012. Il reste trois semaines pour tenir, avec des Astros (73-71) en tête d’un Ouest de l’Américaine très ouvert.
Pete Crow-Armstrong, le 40-40 à portée de main
Le center fielder des Cubs a 24 ans et une saison qui n’a presque pas de précédent : 41 home runs, 35 stolen bases, 108 points marqués, meilleur total des majeures, et un OPS de .953, deuxième derrière Alvarez. Le club des 40-40 compte six membres, dont Ohtani depuis 2024 ; il manque cinq vols à Crow-Armstrong pour y entrer.
Ajoutez une défense au centre qui mène les majeures en Fielding Run Value et en Outs Above Average, et vous obtenez le meilleur WAR de la MLB fin août. Cette valeur totale, bien supérieure à celle d’un pur frappeur, en fait le favori devant Ohtani pour le MVP de la Nationale. Chicago (81-64) est solidement placé pour les playoffs.
Kyle Schwarber, la puissance brute
À 33 ans, le designated hitter des Phillies mène les majeures avec 43 home runs, devant Crow-Armstrong (41) et le duo Alvarez-Caminero (38). Sa moyenne (.243) fait grincer les puristes, mais 90 walks et un OPS de .888 rappellent que la patience compte autant que la force. Détail qui compte pour lui : avec 56 home runs en 2025, il avait fini derrière les 60 de Cal Raleigh, et il n’a encore jamais terminé seul en tête des majeures dans cette catégorie. Philadelphie (81-63) suit Atlanta dans l’Est.
Jacob Misiorowski, le nouveau patron du monticule
Un an jour pour jour après ses débuts (le 12 juin 2025), le lanceur des Brewers a livré le 12 juin 2026 le match de l’année : neuf manches complètes face aux Phillies, un seul hit concédé, 15 strikeouts. Sa saison est à l’avenant : meilleure ERA des majeures (1.97), meilleur WHIP (0.79), une moyenne concédée de .155, 14 victoires pour 5 défaites et 227 strikeouts, un de moins que Gavin Williams (228).
Milwaukee affiche le meilleur bilan des majeures (89-56), et Misiorowski reste favori pour le Cy Young de la Nationale devant Chris Sale et Cristopher Sánchez. Ce dernier oppose notamment 16 victoires et 181 manches 1/3 à la domination brute du lanceur des Brewers. Une sortie ratée contre les Cubs le 2 septembre, 5 points concédés en 4 manches, rappelle qu’à 24 ans, Misiorowski termine aussi sa première saison complète.
Cam Schlittler, la surprise du Bronx
Débutant en juillet 2025, le droitier des Yankees a pris à 25 ans la place de patron d’une rotation privée de son as. Son bilan : une ERA de 2.04, deuxième des majeures et première de l’Américaine, un WHIP de 0.94, 210 strikeouts en 171 manches 2/3 et 12 victoires. Il a franchi les 200 strikeouts le 28 août face à Boston, dans un 1-0 raconté par notre récap du lendemain. Le Cy Young de l’Américaine se joue surtout entre lui et Dylan Cease, qui affiche une ERA de 2.40 et 227 strikeouts malgré un passage sur la liste des blessés en mai.
La relève a déjà pris le pouvoir
Junior Caminero (Rays, 23 ans) a suivi ses 45 home runs de 2025 par 38 autres et 92 RBI, pour des Rays (85-58) en tête de l’Est de l’Américaine. Il est le principal poursuivant d’Alvarez dans la course au MVP. James Wood (Nationals, 23 ans) affiche le troisième OPS des majeures (.927) avec 30 home runs et 101 points marqués en 119 matchs seulement. Sal Stewart (Reds, 22 ans) mène les majeures aux RBI (107) pour sa première saison complète.
Bobby Witt Jr. (Royals, 26 ans), avec 38 stolen bases et une défense de shortstop de premier plan, reste lui aussi dans la discussion. Il menait les joueurs de champ de l’Américaine au WAR fin août, malgré un OPS de .811 bien plus modeste.
Aaron Judge, la puissance en attente
Le capitaine des Yankees compte trois titres de MVP (2022, 2024, 2025). Sa saison 2022 (62 home runs, record de la Ligue Américaine) reste la référence de la puissance moderne, et il l’a suivie de deux saisons à plus de 50 home runs et 1.140 d’OPS : .322 de moyenne, 58 home runs et 144 RBI en 2024, puis .331 et 53 home runs en 2025. À 34 ans, il reste le frappeur que les lanceurs redoutent le plus.
Sa saison 2026 a été interrompue par une fracture de fatigue de la première côte droite, diagnostiquée début juin. Il a rejoint la liste des blessés le 5 juin, puis celle des 60 jours le 18 juillet. Son dernier match remonte au 31 mai, avec un bilan de 59 matchs, 17 home runs et un OPS de .908.
Après avoir repris la course sur bases et le travail défensif, Judge a été activé de la liste des blessés de 60 jours le 7 septembre. Son retour dans le lineup est attendu le 8 septembre face aux Rockies, probablement au champ droit avec une charge de jeu progressive, à temps pour préparer octobre avec une équipe (81-62) bien placée pour la wild card.
Juan Soto et les valeurs sûres
Juan Soto (Mets de New York, 27 ans) porte le contrat le plus lourd de l’histoire du sport (765 millions de dollars sur quinze ans) et l’œil le plus célèbre du baseball : 67 walks pour 52 strikeouts en 2026. Deux claquages au mollet, en avril puis du 25 juillet au 29 août, l’ont limité à 93 matchs. Son OPS de .922 n’a pas suffi à ramener des Mets (66-78) décrochés à 10 matchs et demi de la dernière wild card. Ses 43 home runs et 38 stolen bases de 2025 rappellent ce qu’il vaut sur une saison pleine.
Derrière, les valeurs sûres tiennent leur rang. Bryce Harper (Phillies) affiche 101 walks et un OPS de .888 à 33 ans, Freddie Freeman (Dodgers) frappe .299 à 36 ans, Chris Sale lance à 2.10 d’ERA à 37 ans, et Yoshinobu Yamamoto (Dodgers) tient le deuxième WHIP des majeures (0.90) derrière Misiorowski.
Puis il y a les années sans, qui font partie du jeu. Paul Skenes (Pirates), Cy Young 2025 de la Nationale, tourne à 3.83 d’ERA pour un bilan négatif. Cal Raleigh (Mariners), auteur de 60 home runs en 2025, en est à 21 avec une moyenne de .183. Vladimir Guerrero Jr. (Blue Jays) rend un OPS de .682.
Aucun n’a cessé d’être un grand joueur, mais sur 162 matchs, les chiffres finissent par dire la vérité, et elle n’est pas toujours flatteuse.
Comment on les compare
« Meilleur » se mesure. Pour un frappeur, l’OPS additionne la capacité à atteindre les bases et la puissance : au-dessus de .900, on parle d’élite, et Alvarez est le seul joueur qualifié au-dessus de 1.000. Pour un lanceur, l’ERA (points mérités concédés par neuf manches) et le WHIP (coureurs autorisés par manche) situent immédiatement une saison : sous 2.00 et sous 1.00 à la fois, Misiorowski occupe une zone que très peu de partants ont visitée.
Le WAR (« wins above replacement ») fait le lien entre tous, en ajoutant la défense et la course aux bases. C’est lui qui explique pourquoi Crow-Armstrong et Witt, joueurs complets, pèsent autant dans les votes qu’un pur frappeur comme Alvarez, qui ne joue pas en défense. Notre guide pour lire les stats du baseball détaille ces outils sans jargon, et celui du box score décortique une soirée de Dylan Cease, son one-hitter du 25 juillet à Boston.
Les trophées à suivre en novembre
Les votes des journalistes sont bouclés avant les playoffs, et les résultats tombent en novembre. Quatre duels restent ouverts :
- MVP de l’Américaine : Yordan Alvarez, en course pour la Triple Couronne, devant Junior Caminero et Bobby Witt Jr.
- MVP de la Nationale : Pete Crow-Armstrong contre Shohei Ohtani, privé de monticule depuis juillet.
- Cy Young de la Nationale : Jacob Misiorowski devant Chris Sale et Cristopher Sánchez, la domination contre l’expérience et le volume.
- Cy Young de l’Américaine : Cam Schlittler contre Dylan Cease, l’ERA contre les strikeouts.
Pour aller plus loin
Les meilleurs joueurs du monde se regardent depuis la France sans difficulté : notre guide de la diffusion donne les bons créneaux, et la Minute quotidienne du site suit leurs exploits chaque matin. Pour comprendre ce qui les attend en octobre, le format des playoffs et la World Series ont chacun leur page. Rendez-vous après la remise des trophées pour la mise à jour de ce classement.
Éditionn°165
